Moubarak Foundikou : « Les militants du MRC sont préparés à se battre pour le triomphe exclusif des positions de Maurice Kamto sur toutes les questions relatives au droit »
[Vitrine du Cameroun] – Dans une tribune parvenue à notre rédaction, l’analyste politique camerounais Moubarak Foundikou, se prononce sur la démarche politique du leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC).
DU MERCATO DES ELUS
Certainement que mon parti dont la légalisation est très prochaine ira aux élections présidentielles. Des élus issus de quelques formations politiques devant prendre la carte de mon futur parti.
C’est justement l’effet contraire de l’esprit de de l’article 121-2 du code électoral qui entrerait en vigueur à savoir ouvrir l’élection à une clique de blagueurs comme en 2011.
Mais pour comprendre pourquoi le transfert d’élus n’est pas envisageable, il faut justement rentrer au contexte de l’édition de cette loi en 2012. Quel était l’esprit du législateur ?
Nous sortions d’une élection présidentielle avec une cinquantaine de candidature déclarée et 23 candidatures effectivement retenues. Des 23 candidats, 18 ont eu moins de 0.99%. Certains avec 0.0012%
Il fallait donc recaler ces types de candidats sans assise politique du jeu présidentiel. C’est dans cet esprit que la clause de la représentativité fut ajoutée à l’article 121 du CE. Ce n’était pas tout. La caution est passée je crois de 1.5 millions de Fcfa (à vérifier) à 30 millions de Fcfa.
Mais la clause 121-2 qui fait problème supposait qu’une victoire préalable à une élection locale traduisait une certaine robustesse politique.
Être représenté pour un parti politique dans une des institutions citées de l’article 121-2 signifiait alors « avoir minimalement participé à une élection ouvrant des sièges dans ces institutions et avoir gagné au moins un siège ».
Maintenant le professeur Kamto est un intellectuel chevronné. Mais aussi un praticien du droit éprouvé conscient des effets du vocable « irrecevable » surtout quand il est prononcé par Papa Clement Atangana.
Personne ne peut croire qu’il compte sur ces contorsions pour être investi à l’élection. Il sait que ça ne passera pas. Le pouvoir sait qu’il le sait aussi et c’est d’ailleurs pourquoi il reste calme.
Maintenant ce qu’il faut se poser comme question, c’est pourquoi le prof et le MRC alimentent continuellement ce débat ?
Je vous donne 3,5 grilles de lecture
– Premièrement la diversion.
Pourquoi faire diversion ? Si l’objectif du pouvoir tel que dit par le MRC est effectivement de recaller la candidature du prof à la prochaine présidentielle, alors il ne serait pas bien pour ce dernier a qui il ne reste véritablement qu’une seule carte, celle d’un parti Yango. (L’investiture par le MRC et les signatures étant quasi impossible) il ne serait pas bien disais-je d’afficher ce parti ou la mobilisation de cette hypothèse.
Par contre, il serait bien de dissimuler la mobilisation de cette possibilité (celle du parti Yango) dans les tréfonds de la mer noire et ne la sortir que quand personne ne s’attendra. Non seulement ça prendra tout le monde de pourvu, mais ça consolidera davantage la figure du prof comme un homme hyper intelligent et stratège qui aura fait balader tout le monde avec une fausse piste. Ceci permet d’entrer dans la seconde grille explicative
– La propagande.
L’entretien de ce débat sert également la propagande autour de la figure politique du prof Kamto et du groupe politique MRC. Il fait qu’on parle sans cesse du MRC et la candidature « redoutée » « recalée » du professeur Kamto. Presque personne ne résiste quant au fait d’apporter son expertise au débat. Cela fait le bonheur du MRC et consolide la figure du prof comme étant « redoutée » par ses adversaires politiques. Aussi bien ceux du pouvoir que ceux de l’opposition.
Comme stratégie de propagande… C’est un succès car le débat sur L’investiture de Kamto tient le pays. Mais voyons à quoi elle sert enfin.
– La préparation des dynamiques contextatoires insurrectionnelles.
Dans les discours du Prof Kamto, et dans celui de certains de ses soutiens, on constate une constance ; Il faut volonté de préparation des militants à la contestation pacifique et si besoin est, une contestation musclée des dispositions électorales qui n’iront pas dans les sens « dit » par le prof.
Sa haute maitrise du droit et son infaillibilité sont presque sanctifiées dans les milieux du MRC et ceux apparentés. Et parce qu’il « dit le droit », les militants sont préparés à se battre pour le triomphe exclusif de ses positions sur toutes les questions relatives au droit encadrant cette présidentielle.
Autrement si le parti Yango n’est pas trouvé… alors pourra-t-on mettre les militants en ordre de bataille pour faire triompher (pour imposer) la lecture Kamtoicienne de l’article 121-2 du CE et de l’article 15-3 de la constitution sur la nature non impérative du mandat, si le Conseil constitutionnel en disposait autrement.
D’ailleurs l’honorable Nintcheu affirmait qu’il n’y aura pas d’élection au Cameroun sans Kamto. L’insistance sur ces contorsions entretient un sentiment de révolte et de combat chez le militant. Il vise à servir ce schéma de la révolte populaire si besoin est. La candidature du prof est un combat. Ajoutons une énième hypothèse. On a promis 3,5. Supportons donc sur le 0.5.
– Celle de sa non-participation à l’élection présidentielle voulue par lui-même, mais non assumée.
L’activisme actuel servirait à se projeter dans les futures échéances électorales (municipales et législatives 2026) et surtout une possible transition si un mécanisme naturel ou spécial venait à créer une vacance au sommet de l’Etat. Et donc une course imminente à la présidence après octobre.
L’entretien de ce débat viserait à présenter dans le futur, un visage victimaire d’un acteur pertinent redouté et recalé à la dernière élection. Sauf que Highlander a pour habitus de faire attendre voir de faire perdre patience à ceux qui attendent son départ. Cf G.P.S
Les positions ci-dessous exprimées ne sont que des hypothèses qui relèvent de la lecture et des traductions des faits à partir des matériaux que livrent le champ politique à l’analyse.
Moubarak Foundikou.

