Environnement : Yaoundé mobilise la communauté internationale pour sauver le fleuve Nyong

[Vitrine du Cameroun] – Menacé d’asphyxie par l’ensablement et la pollution, le fleuve Nyong joue sa survie. Pour éviter le désastre écologique, Yaoundé accueillera en juillet 2026 une conférence internationale décisive. Un rendez-vous crucial pour mobiliser les fonds et sauver cette artère vitale qui alimente des millions de Camerounais.

C’est un cri d’alarme qui résonne le long des 640 kilomètres de son cours : le Nyong, deuxième fleuve du Cameroun et artère vitale pour des millions d’âmes, se meurt. Face à ce constat clinique d’une asphyxie annoncée, la société civile et les élus locaux ont décidé de passer à l’offensive. En juillet 2026, Yaoundé accueillera la toute première Conférence internationale sur le fleuve Nyong (Ciflen), un rendez-vous présenté comme celui de la dernière chance pour inverser la courbe du déclin écologique.

Un diagnostic alarmant

Le bulletin de santé du fleuve est critique. Autrefois majestueux, le Nyong voit son lit se réduire comme peau de chagrin, ne dépassant plus par endroits les dix mètres de large. Les causes sont connues et multiples, formant un cocktail toxique pour la biodiversité : ensablement massif dû à la déforestation effrénée des berges, invasion de plantes aquatiques comme la jacinthe d’eau, et pollutions diverses (domestique, agricole et industrielle).

Dieudonné Xavier Ateba, figure de proue de cette mobilisation et directeur exécutif de l’ONG Volontariat pour l’environnement (VPE), ne mâche pas ses mots : « Le Nyong est en voie de disparition ». Pour cet expert, l’ennemi est autant visible — les tapis verts qui étouffent la surface — qu’insidieux, avec l’érosion des berges qui comble inexorablement le fond du cours d’eau.

De la prise de conscience à l’action diplomatique

La Ciflen n’est pas une initiative spontanée, mais l’aboutissement d’une décennie de lutte sur le terrain. L’ONG VPE a réussi le tour de force de fédérer les 28 communes riveraines au sein du Réseau des communes du bassin du Nyong (Recoban). C’est de cette alliance, scellée à Mbalmayo en 2024, qu’est née l’exigence d’une réponse internationale.

L’enjeu dépasse largement le cadre écologique. Traversant quatre régions (Est, Centre, Littoral, Sud), le Nyong est un poumon économique et social. Il est la source d’eau potable de la capitale, le vivier de milliers de pêcheurs et le garant de l’agriculture locale. Sa mort signifierait une catastrophe socio-économique majeure pour le pays.

L’objectif : sortir du « blabla » habituel

L’ambition affichée pour juillet 2026 est claire : rompre avec la tradition des grands-messes environnementales qui accouchent de rapports sans lendemain. Les organisateurs veulent du concret. Il s’agit de mettre autour de la même table bailleurs de fonds internationaux, chercheurs, État et communautés locales pour financer et lancer des chantiers de restauration immédiats.

Le pari est audacieux. Il s’agira de transformer l’indignation en investissements et la volonté politique en dragage, en reforestation et en assainissement. Le rendez-vous est pris : dans deux ans, le sort du Nyong se jouera à Yaoundé. Reste à savoir si la mobilisation internationale sera à la hauteur de l’urgence écologique.

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La Rédaction

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