[Vitrine du Cameroun] – Le dispositif repose sur des BAIC X35 financés par Africa Golden Bank (AGB), avec un investissement de 20,03 millions de FCFA par véhicule. Les chauffeurs devront apporter 800 000 FCFA, tandis que 40 % des recettes de chaque course seront affectés au remboursement du crédit bancaire.
L’Aéroports du Cameroun (ADC), Alo Technologies et Africa Golden Bank (AGB) mettent en place TaxiGo, un dispositif destiné à structurer le transport de passagers à l’aéroport de Douala. Le programme repose sur une flotte de BAIC X35 accessibles aux chauffeurs dans le cadre d’un financement bancaire et d’un système de paiement digitalisé.
Le montage associe ainsi l’opérateur aéroportuaire, la plateforme technologique et l’établissement financier. Alo Technologies fournit l’environnement numérique à travers lequel les courses sont enregistrées et payées. AGB finance les véhicules, tandis que l’ADC intervient dans l’organisation de l’accès au marché aéroportuaire.
Un investissement de 20,03 millions de FCFA par véhicule
Selon le dossier de présentation destiné aux chauffeurs candidats, l’investissement total par véhicule est évalué à 20 028 958 FCFA, comprenant l’acquisition du BAIC X35 et son assurance sur quatre ans. À ce montant s’ajoute un coût de crédit de 3 004 344 FCFA, correspondant aux intérêts et frais bancaires indiqués dans le document. Sur la durée du financement, le montant à rembourser atteint donc un peu plus de 23 millions de FCFA par véhicule, en incluant le coût du crédit.
Le chauffeur candidat n’a, pour sa part, qu’un apport initial de 800 000 FCFA. Le dossier présente cette somme comme un « droit d’entrée », destiné notamment à couvrir les frais de dossier et une partie de l’assurance de la première année.
Le financement du véhicule est assuré par AGB, qui en conserve la propriété juridique jusqu’au remboursement intégral du crédit, selon les modalités présentées dans le programme.
40 % de chaque course pour le remboursement bancaire
Le remboursement repose sur un mécanisme de paiement fractionné baptisé « Split Payment ». Les recettes sont automatiquement réparties entre les différents postes prévus par le dispositif lorsque le passager règle sa course via l’application GO ou le code USSD #136#.
Pour une course de 10 000 FCFA, le dossier présente la ventilation suivante :
| Affectation | Part | Montant |
|---|---|---|
| AGB, remboursement du crédit | 40 % | 4 000 FCFA |
| Redevance ADC | 5 % | 500 FCFA |
| Commission Alo Technologies | 10 % | 1 000 FCFA |
| Frais techniques | 20 % | 2 000 FCFA |
| Revenu net du chauffeur | 25 % | 2 500 FCFA |
Avec cette clé de répartition, la banque reçoit la part la plus importante de chaque course, soit 40 % du montant facturé. Le chauffeur conserve 25 %, après les différentes affectations prévues par le dispositif.
Ce système permet d’effectuer le remboursement directement à partir des recettes générées par l’activité, plutôt que selon un calendrier classique de mensualités versées séparément par le chauffeur.
Un minimum de cinq courses par jour
Le dossier prévoit un minimum de cinq courses quotidiennes, avec un tarif plancher de 10 000 FCFA par course. Sur cette base, le chiffre d’affaires journalier atteint 50 000 FCFA.
La part affectée au remboursement du crédit est alors de 20 000 FCFA par jour. Le document retient toutefois un montant minimum de 18 456 FCFA par jour pour solder le financement dans les délais prévus.
Le remboursement complet est calculé sur 1 249 jours, soit environ quatre années d’activité à raison de 26 jours par mois.
Le modèle dépend donc directement du niveau d’activité des véhicules. Plus le nombre de courses réalisées est élevé, plus les recettes permettant d’alimenter le mécanisme de remboursement sont importantes.
L’ADC au cœur du dispositif aéroportuaire
Le partenariat donne également à l’ADC un rôle dans l’organisation du service. L’autorité aéroportuaire intervient notamment dans l’accès des véhicules aux flux de passagers de l’aéroport.
Le dossier prévoit par ailleurs une redevance de 5 % sur chaque course au titre du droit d’exploitation aéroportuaire. Cette rémunération est donc liée au niveau d’activité généré par les taxis intégrés au programme.
L’ADC participe également au processus de sélection des chauffeurs. Le comité de sélection est placé sous la responsabilité du directeur de l’aéroport, selon les éléments communiqués aux candidats. Le dispositif associe ainsi l’accès à la clientèle aéroportuaire, le financement des véhicules et le paiement digitalisé des courses.
La propriété du véhicule transférée après remboursement
Le véhicule reste la propriété juridique d’AGB pendant la période de financement. Le chauffeur exploite donc le véhicule sans en détenir immédiatement la pleine propriété.
Une fois le crédit intégralement remboursé, le dispositif prévoit la levée du gage et le transfert du véhicule au chauffeur. Celui-ci pourra alors en disposer librement, selon les conditions prévues par son contrat. Cette configuration permet au chauffeur d’accéder à un véhicule dont la valeur dépasse 20 millions de FCFA avec un apport initial de 800 000 FCFA, mais en contrepartie d’un engagement financier étalé sur quatre ans.
Des paramètres encore non précisés
Plusieurs éléments du montage restent toutefois à documenter. Le dossier de présentation ne précise pas le nombre total de BAIC X35 que la banque prévoit de financer. Il n’est donc pas possible, à ce stade, de déterminer l’engagement financier global d’AGB ni le montant potentiel des redevances de l’ADC sur l’ensemble de la flotte.
Le document ne détaille pas non plus le taux d’intérêt nominal du financement, ni l’ensemble des conditions applicables en cas d’activité insuffisante du chauffeur ou de remboursement plus lent que prévu. Ces paramètres seront déterminants pour apprécier le coût réel du dispositif pour les chauffeurs et le niveau de risque supporté par les différents partenaires.
Avec TaxiGo, l’ADC, Alo Technologies et AGB mettent ainsi en place un modèle qui combine accès au marché aéroportuaire, financement bancaire et paiement digitalisé. Sa viabilité dépendra désormais du nombre de véhicules effectivement déployés et surtout de leur capacité à atteindre durablement le niveau d’activité retenu dans les hypothèses de financement.

