Nommé le 5 novembre 2026, le nouveau directeur général hérite d’un établissement aux missions élargies. La sécurisation des recettes de péage, le transfert des activités du PSRR et la mobilisation des financements constituent les principaux chantiers de sa prise de fonctions.
Le Fonds routier du Cameroun tient son nouveau directeur général. William Azebaze Jiofack a été nommé à ce poste par décret présidentiel du 5 novembre 2026, près de seize mois après la réorganisation de cet établissement par le décret n° 2025/293 du 10 juillet 2025. Il succède à Aubin Essaie Moussa, qui assurait jusque-là la direction de l’organisme sous le titre d’administrateur. Cette nomination ouvre une nouvelle séquence dans la mise en place du dispositif institutionnel et financier voulu par la réforme.
Le changement dépasse la réorganisation administrative. Désormais doté de la personnalité juridique et de l’autonomie financière, le Fonds routier est investi de responsabilités plus larges. Outre le financement et le paiement des travaux d’entretien, il doit assurer la gestion des péages routiers et autoroutiers non concédés, collecter certaines recettes affectées au secteur, mobiliser des ressources sur les marchés national et international, puis financer les programmes d’études, d’investissement et d’indemnisation. Le décret réserve 95 % de son budget aux trois guichets Entretien, Études et Investissement, et Indemnisation. Les 5 % restants couvrent le fonctionnement, l’équipement et les audits.
La sécurisation des recettes en priorité
L’un des premiers dossiers concerne la mobilisation des ressources. Le rapport annuel 2024 du Fonds routier, élaboré sous l’ancienne organisation, évalue à 3,43 milliards de FCFA les déperditions de recettes de péage en 2023, soit environ 28 % du potentiel estimé. Le système manuel de collecte, les insuffisances du contrôle, les voies de contournement et la circulation de faux tickets figurent parmi les facteurs relevés avec l’appui de l’Institut national de la statistique. La modernisation du recouvrement et la traçabilité des flux constituent ainsi des enjeux financiers directs pour le nouvel exécutif.
Le transfert des missions et du patrimoine du Programme de sécurisation des recettes routières (PSRR), dissous par le décret de juillet 2025, représente un autre chantier. Le texte prévoit la poursuite des activités des deux structures jusqu’à l’installation effective des nouveaux organes de gestion. L’état d’avancement de cette opération reste à préciser.
Une responsabilité financière encadrée
Le nouveau directeur général devra également assurer le suivi des ressources collectées, vérifier l’éligibilité des dépenses, viser les contrats avant leur signature par les ordonnateurs et garantir le règlement des prestations. Le conseil d’administration conserve toutefois l’adoption du budget, l’approbation des comptes et le contrôle de la gestion. Le mandat du directeur général est fixé à trois ans, renouvelable deux fois.
Les enjeux sont considérables pour les entreprises de travaux publics et les collectivités territoriales. En novembre 2025, le Fonds faisait état de 334 contrats visés et de 25,877 milliards de FCFA de paiements effectués depuis janvier, au titre des exercices 2025 et antérieurs. La capacité du nouvel exécutif à améliorer le recouvrement, la programmation et la régularité des paiements pèsera donc directement sur le financement de l’entretien du réseau routier national.

