Assemblée générale de l’ACTILC : Les traducteurs de langue chinoise se mobilisent pour valoriser leur métier

[Vitrine du Cameroun] – Le dimanche 21 décembre à Yaoundé, l’Association camerounaise des traducteurs et interprètes de langue chinoise (ACTILC) a tenu sa première Assemblée générale ordinaire. Entre revendications salariales et partage d’expériences, la profession s’organise pour mettre fin à la précarité.

Réunis à l’Urban Space (Hippodrome), des étudiants, de jeunes diplômés et des traducteurs chevronnés venus de tout le pays ont répondu à l’appel de l’ACTILC. Cette rencontre historique survient dans un paradoxe frappant : alors que la présence des entreprises chinoises s’intensifie au Cameroun, le métier de traducteur-interprète subit une précarisation croissante.

Redonner ses lettres de noblesse à la profession

Pour Franck Deval Fouotsop, président de l’ACTILC, l’objectif de cette mobilisation est de structurer un secteur resté trop longtemps informel. « Il était important que nous posions un cadre », explique-t-il, précisant que cette initiative s’inspire d’associations déjà actives dans d’autres villes. Pour lui, l’enjeu est de permettre au traducteur et interprète de la langue chinoise de retrouver ses lettres de noblesse.

Le constat de terrain est sans appel : la multiplication des chantiers et entreprises chinoises n’a pas profité aux professionnels locaux. Le président affirme s’être rendu compte que, malgré l’afflux d’entreprises, le marché dépérissait.

La lutte pour un salaire minimum de 500 000 FCFA

L’un des points majeurs de cette assemblée concerne la lutte contre les rémunérations dérisoires. Franck Deval Fouotsop rappelle qu’il y a peu, certains professionnels percevaient encore entre 50 000 et 100 000 FCFA par mois, tout en cumulant plusieurs fonctions et en travaillant quasi quotidiennement, bien au-delà des horaires standards.

Face à cette précarité, l’ACTILC a engagé depuis 2023 une démarche progressive pour encadrer le salaire de base. Après avoir porté ce seuil à 400 000 FCFA en 2024, l’association fixe, en ce début d’année 2026, un salaire minimum recommandé de 500 000 FCFA. Bien que ce montant puisse paraître élevé dans le contexte camerounais, le président souligne qu’il reste en deçà des exigences et des contraintes du travail dans le secteur privé.

Un cadre d’échange entre générations

Au-delà des décisions financières, l’événement a servi de cadre de transmission. Les discussions ont porté sur l’éthique professionnelle, l’évaluation des compétences, la préparation aux entretiens et les difficultés du terrain.

Francis Nsom, participant et membre de l’association, soutient qu’il est temps de passer du virtuel au réel après des années d’échanges sur les forums. Pour lui, le partage d’expérience avec des confrères ayant dix ou quinze ans de métier est vital pour apprendre les voies et moyens d’atteindre des conditions de vie valorisantes. Il espère ainsi sortir de cette réunion avec un « mindset » différent pour changer les choses dans son domaine.

L’ACTILC entend désormais porter son action à une échelle supérieure. Le président a annoncé une réflexion en cours sur la création d’une Fédération camerounaise des traducteurs et interprètes, afin de renforcer la coordination et la défense collective de la profession à moyen terme.

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Keyza MZ

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