[Vitrine du Cameroun] – L’atmosphère est devenue électrique au Grand Stade de Marrakech. Ce dimanche 28 décembre, le continent retiendra son souffle pour ce qui s’annonce comme le choc le plus explosif de ce premier tour. Entre les Éléphants de Côte d’Ivoire, tenants du titre, et les Lions Indomptables du Cameroun, la guerre des nerfs a quitté les vestiaires pour s’installer sur le terrain médiatique. Après une première journée où les deux géants se sont imposés sur le score identique de 1-0 — contre le Mozambique pour les Ivoiriens et le Gabon pour les Camerounais — l’enjeu est désormais la qualification directe pour les huitièmes de finale.
Le nouveau patron du banc camerounais, propulsé dans l’arène après le départ mouvementé de Marc Brys, n’a pas tardé à marquer son territoire. David Pagou a allumé une mèche qui brûle encore dans les rédactions d’Abidjan en déclarant avec une assurance déconcertante qu’il n’avait pas besoin de motiver ses troupes pour affronter « la belle famille ». En demandant explicitement à ses joueurs de « ne pas trop respecter les Éléphants », Pagou joue une carte psychologique risquée mais assumée. Il s’appuie sur un argument de poids : l’histoire. Avec 5 victoires en 8 confrontations directes en phase finale de CAN, le Cameroun veut rappeler que, statistiquement, le trône lui appartient.
Emerse Faé : La réponse chirurgicale du champion
Face à cette offensive verbale, Emerse Faé reste fidèle à sa réputation d’homme de glace. S’il a tenu à féliciter Pagou pour sa solidité face au Gabon, le sélectionneur ivoirien n’en a pas moins glissé une pique subtile en soulignant que le Cameroun arrivait désormais dans cette compétition avec un statut d’outsider, une situation qu’il juge « rare » pour une nation de ce rang. Pour Faé, la réalité se trouve dans le présent : la Côte d’Ivoire est championne en titre et compte bien faire respecter son rang malgré l’absence de Sébastien Haller et les tensions récentes liées à l’exclusion de Nicolas Pépé. Les Éléphants, emmenés par un Amad Diallo décisif, comptent répondre par le jeu et la discipline tactique.
Le Maroc, juge de paix de la « Belle Famille »
Ce duel n’est pas qu’une affaire de points, c’est une question d’honneur national. Dans les couloirs du Hyatt Regency de Taghazout où les Lions ont peaufiné leur préparation avant de rallier Marrakech, on sent une sérénité retrouvée, renforcée par le paiement des primes de participation. Côté ivoirien, on mise sur la force d’un groupe qui a appris à souffrir ensemble. Le match de dimanche sera le théâtre d’une opposition de styles totale : la jeunesse et l’insolence camerounaise face à l’expérience et la maîtrise ivoirienne. Dans cette guerre de tranchées verbale, le premier qui baissera les yeux sur la pelouse risquera de voir s’envoler ses rêves de première place.




