Atanga Nji et Ketcha Courtès se donnent en spectacle sur des tas d’ordures qui meublent la ville de Yaoundé
[Vitrine du Cameroun] – La propreté urbaine de Yaoundé constitue le cadre d’une dualité entre Paul Atanga Nji, ministre de l’Administration territoriale, et Célestine Ketcha Courtès, ministre de l’Habitat et du Développement urbain. Ce conflit de méthodes s’inscrit dans une période d’attente liée à la restructuration du gouvernement, où l’étalage des moyens techniques sert de levier de communication.
L’observation de l’activité ministérielle en ce début d’année 2026 indique une rupture dans la coordination des politiques de la ville. Le 25 janvier, Paul Atanga Nji a procédé à la distribution de matériel manuel aux sept communes de la capitale. Cette dotation comprenait des balais, des pelles et des râteaux. Par ce geste, le ministre de l’Administration territoriale a instauré un modèle fondé sur le déploiement humain. Il a affirmé agir sous l’autorité directe du sommet de l’État pour garantir l’ordre et la propreté.
Le 26 janvier, Célestine Ketcha Courtès a réagi par l’introduction de balayeuses mécaniques dans les communes de Yaoundé 1 et 5. Lors de cette cérémonie, la ministre de l’Habitat a prononcé l’interdiction du balayage manuel sur les axes routiers. Cette décision annule les orientations transmises par son collègue vingt-quatre heures auparavant. Ce face-à-face technique se transforme en une mise en scène de l’autorité, où chaque acteur occupe l’espace médiatique pour justifier son maintien au sein de l’équipe gouvernementale.
Cette situation génère une paralysie chez les magistrats municipaux. Les maires reçoivent des instructions divergentes sur l’usage des fonds et des ressources de l’État. Tandis que le premier ministre mise sur la proximité et la quantité des outils, la seconde privilégie la technologie et l’efficacité mécanique. La juxtaposition de ces deux interventions, sans concertation préalable, révèle une fragmentation de la chaîne de commande.
En gros, la question de l’hygiène de la capitale s’efface devant la nécessité pour ces responsables de marquer leur territoire politique. Le spectacle des deux ministres sur les sites de collecte de déchets illustre la priorité accordée à la visibilité individuelle. L’absence de cohérence dans l’action publique demeure le résultat de ces agendas personnels en période de transition administrative.

