
Climat : La jeunesse camerounaise prépare ses propositions pour la COP31
Réunis le 13 octobre 2026 à Yaoundé, les jeunes acteurs du climat ont travaillé à l’élaboration d’une feuille de route destinée à alimenter la position du Cameroun à la COP31. Les discussions ont notamment porté sur leur participation aux négociations internationales et sur la rémunération des efforts de conservation des forêts dans le cadre du marché carbone.
La participation des jeunes aux négociations climatiques et la valorisation économique des ressources forestières ont dominé le Forum national des jeunes sur le changement climatique, organisé le mardi 13 octobre 2026 dans les locaux de la Fondation Friedrich-Ebert-Stiftung (FES), à Bastos, Yaoundé. Initiée par le Conseil international de dialogue et de partenariat (CIDP) sous le thème « Jeunesse et climat : agir ici pour peser à la COP31 », la rencontre visait à structurer les propositions de la jeunesse camerounaise en vue de la conférence climatique.
Pour les organisateurs, l’enjeu est de dépasser une participation symbolique des jeunes afin de leur donner une place effective dans les processus de décision. La coordonnatrice générale du CIDP, le Dr Hemes Nkwa, a mis en avant trois priorités. La première consiste à élargir la concertation aux institutions publiques, aux partenaires techniques et financiers, à la société civile, aux autorités traditionnelles et au secteur financier. La deuxième porte sur la mise en place d’un mécanisme de suivi des recommandations, assorti d’un dispositif de redevabilité. La troisième vise à rapprocher les propositions élaborées au niveau national des initiatives et discussions internationales afin de renforcer leur portée.
Le marché carbone au cœur des enjeux économiques
Le financement de la conservation forestière a constitué un autre axe des échanges. Parrainés par le Conseil économique et social (CES), les travaux doivent contribuer à l’élaboration d’une note de position que la délégation camerounaise défendra à la COP31.
Le secrétaire général du CES, Zacharie Ngoumbé, a insisté sur la valeur stratégique des forêts camerounaises dans la séquestration du carbone. Selon lui, les efforts de conservation impliquent des coûts et des renoncements économiques pour le pays, alors que leurs bénéfices environnementaux dépassent les frontières nationales. Il a ainsi plaidé pour des compensations jugées équitables au regard des efforts consentis.
Le responsable a également alerté sur les risques d’une valorisation insuffisante du carbone forestier. Sans une implication directe du Cameroun dans l’évaluation des ressources séquestrées et la détermination des compensations correspondantes, le pays pourrait, selon son avertissement, se retrouver dans un « marché de dupe », à l’image des déséquilibres dénoncés dans certaines filières de matières premières.
Au-delà du plaidoyer environnemental, la question renvoie donc aux conditions de valorisation du capital naturel camerounais et à la capacité du pays à capter des financements associés à la lutte contre le changement climatique. Pour les jeunes participants, l’enjeu est de traduire ces préoccupations en propositions concrètes, susceptibles d’alimenter la position nationale lors des négociations internationales.








