
Tanella Vozy : « Nos entreprises aujourd’hui ne sont pas calibrées pour le XXIe siècle »
De passage à Douala après Abidjan et Dakar, Tanella Vozy, Deputy CEO d’AgileTeam by H&C, dresse un constat sans détours sur l’intégration de la Génération Z en entreprise. Face au risque accru de fuite des jeunes talents, la spécialiste de la transformation organisationnelle appelle les dirigeants à revoir d’urgence leur leadership, à abandoned le management rigide et à calibrer leurs structures aux réalités du XXIe siècle.
Quel était l’objectif de cette rencontre avec les dirigeants et les directeurs des ressources humaines ?
Nous avons voulu échanger avec les dirigeants et les directeurs des ressources humaines, parce qu’on sait très bien qu’il n’y a de richesse que d’hommes. Aujourd’hui, la Gen Z fait partie de nos entreprises, les mentalités ont changé, le Code du travail a changé, et nos organisations doivent s’adapter à ces nouvelles attentes si elles veulent perdurer, capturer la valeur de ces talents et performer.
Ce rendez-vous voulait justement challenger les dirigeants et leur signifier l’urgence de revoir le management, le leadership, la culture d’entreprise et les modes de sanction, pour que les organisations soient calibrées aux réalités actuelles, aux attentes de la Gen Z et aux besoins de performance d’aujourd’hui et de demain.
Quelles sont les astuces, concrètement, que vous intégrez dans ce modèle de management pour pousser les entreprises à gagner en performance et en impact ?
Ce qui ressort de manière unanime, c’est d’abord un besoin de flexibilité et de communication, parce que cette génération a besoin de sens. Elle veut comprendre avant d’agir, elle veut adhérer avant de s’engager. Il faut donc toucher le cœur avant de commander les bras. Il faut sortir de la posture du dirigeant lointain et inaccessible, se rapprocher des collaborateurs, comprendre ce qui les anime, les faire adhérer à la vision et tirer le meilleur d’eux-mêmes.
Il s’agit donc de beaucoup de flexibilité, de communication et d’adaptation à cette réalité. C’est comme avec nos enfants : c’est exactement ce qu’on fait quand on veut obtenir quelque chose d’eux, et c’est la même chose qu’il faut faire en entreprise avec ces jeunes. Les enfants veulent des parents démocrates, et la Gen Z veut des dirigeants démocrates [à vérifier à l’écoute : la phrase d’origine est difficilement compréhensible]. Le dirigeant doit donc accepter de faire tomber ses certitudes et évoluer vers un modèle de leadership plus souple, plus flexible et plus agile.
Avec un peu de recul, et pour être concret, avez-vous mesuré ce modèle à l’aide de chiffres permettant de juger s’il a effectivement fait progresser les entreprises ?
Oui. En amont, nous avons réalisé avec notre cabinet d’intelligence de marché, DataTeam, une enquête pour comprendre les attentes de la Gen Z et des collaborateurs du XXIe siècle. Il en ressort qu’environ 65 % des répondants envisagent de quitter leur entreprise dans les 12 mois, que 92 % ont déjà une activité annexe, et que 29 % ne se voient pas évoluer dans leur entreprise actuelle.
Ces chiffres sont très parlants, et je dirais même brutaux, parce qu’ils traduisent une réalité très concrète : les dirigeants n’ont pas le choix. Ce n’est pas une option, c’est une obligation qui s’impose à eux. S’ils ne veulent pas disparaître, ils sont obligés de s’adapter.
Nous accompagnons aujourd’hui des dirigeants et des organisations en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest, où nous avons dû revoir la culture, le design organisationnel et la culture d’entreprise pour les rendre réellement adaptés à ces enjeux. Cela a permis de retrouver de la performance et, au bout du compte, d’améliorer les chiffres et le chiffre d’affaires des entreprises.
Après Abidjan et Dakar, vous êtes aujourd’hui à Douala. Je suppose que c’est votre première rencontre avec les entreprises de la ville. Qu’est-ce que vous leur avez dit ?
Nous leur avons dit que l’heure est grave ! (rires) Ce que nous avons remarqué à Douala, en comparaison avec Abidjan, Dakar ou Conakry, c’est que les dirigeants étaient au départ un peu réfractaires. Ils étaient très sûrs de leur expérience, ils estimaient que leur façon de faire était la bonne et que les modèles établis ne devaient pas être remis en question.
Tout au long de la matinée, ils ont compris qu’ils n’avaient pas le choix. Ils ont reconnu eux-mêmes qu’ils avaient besoin d’une restructuration. Et il ne s’agit pas seulement des départements RH : les entreprises ne sont pas organisées ni calibrées comme doit l’être une entreprise du XXIe siècle. Ils ont donc compris qu’il fallait un travail global de restructuration de l’entreprise. On dit souvent que le poisson pourrit par la tête : c’est la tête qui donne l’impulsion, le ton et la cadence à toute l’organisation. Les dirigeants ont donc admis qu’ils devaient être « Gen Z ready » : proches de cette génération, capables d’intégrer les nouvelles technologies et de se réinventer très rapidement, sous peine de disparaître.
Et quelle est la suite, après ce café ?
Après ce café, nous proposons aux dirigeants d’être accompagnés par le cabinet AgileTeam, AgileTeam by GenZ, un cabinet de conseil en management, en stratégie et en transformation. Nous avons mis à disposition un QR code, que je peux d’ailleurs vous donner, pour leur permettre de bénéficier d’un audit de leur organisation.
À l’issue de cette session de cadrage, ils repartiront avec une feuille de route et des actions concrètes à mettre en œuvre dans leur organisation pour opérer cette transformation.
Nous pouvons également leur offrir un accès de 15 jours au SIRH DataTeam AI, un SIRH optimisé par l’IA, qui permet de réaliser jusqu’à 60 à 70 % des tâches RH et de se concentrer sur l’essentiel : la performance, l’humain et les talents.








