Scandale : La sœur d’Anicet Ekane violentée devant l’ambassade du Cameroun à Paris
[Vitrine du Cameroun] –La rue d’Auteuil a été le théâtre d’une scène d’une rare intensité ce jeudi 15 janvier 2026. Simone Ekane, sœur de la figure politique emblématique Anicet Ekane, s’est rendue devant l’ambassade du Cameroun à Paris pour porter une revendication qui dépasse le simple cadre familial : la restitution de la dépouille de son frère.
Un face-à-face électrique
Munie d’une pancarte explicite — « Rendez-moi le corps de mon frère Anicet » — et d’un portrait du défunt, Simone Ekane a interpellé les autorités consulaires avec force. Ce qui devait être un plaidoyer solennel a rapidement dégénéré en altercation physique lorsqu’un membre du personnel de l’ambassade a tenté de l’éconduire.
Les images, qui circulent déjà largement sur les réseaux sociaux, montrent une bousculade à l’entrée de la chancellerie. Entre cris de détresse et invectives, la tension illustre le fossé grandissant entre une partie de la diaspora et les représentants du régime de Yaoundé. « Vous l’avez liquidé, maintenant rendez-nous son corps », a-t-elle lancé, pointant directement du doigt la responsabilité des autorités camerounaises.
Anicet Ekane : Le départ d’une figure de l’opposition
Pour comprendre la portée de cet éclat, il faut rappeler qui était Anicet Ekane. Figure historique de l’opposition, ancien leader du MANIDEM (Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie), il incarnait une ligne politique radicale et intransigeante face au pouvoir en place depuis les années 1990.
Sa disparition, survenue dans des circonstances qui continuent d’alimenter les spéculations, a laissé un vide au sein de la gauche nationaliste camerounaise. Pour sa famille, l’impossibilité d’organiser des obsèques selon leurs souhaits et de disposer du corps est vécue comme une « ultime humiliation » et un « déni de justice ».
Un symbole de la fracture nationale
Cet incident à Paris n’est pas un fait isolé. Il cristallise les tensions permanentes entre le gouvernement camerounais et une diaspora de plus en plus vocale sur les questions de droits de l’homme et de transparence politique. L’ambassade, souvent perçue comme un bastion imprenable, devient régulièrement le lieu d’expression des colères venues du pays.
À cette heure, l’ambassade du Cameroun en France n’a pas encore publié de communiqué officiel concernant l’altercation ou les raisons administratives ou politiques qui bloqueraient la restitution de la dépouille.
Pour Simone Ekane et ses soutiens, le combat ne fait que commencer. « Je reviendrai tous les jours », a-t-elle prévenu, alors que l’opinion publique, tant au Cameroun qu’à l’international, observe de près cette affaire qui mêle deuil privé et tragédie politique.

