Musique : Cinq visages de la scène camerounaise à suivre en 2026
[Vitrine du Cameroun] – L’industrie culturelle du Cameroun traverse une phase de transition structurelle où la rigueur technique et l’héritage patrimonial dictent les nouvelles normes de succès. Loin des phénomènes éphémères, une génération d’artistes s’impose en 2026 par une approche méthodique de la création et une exploitation rationnelle des outils numériques.
Bad Nova ou la rationalisation du succès
Bad Nova illustre la convergence entre formation académique et divertissement. Belick Aaron Derrick utilise son bagage d’ingénieur pour optimiser sa présence sur les plateformes de streaming, atteignant des sommets d’audience records. Son titre emblématique « Hala Madrid », véritable hymne international validé par des athlètes de haut niveau, a transformé sa carrière en un phénomène global. Avec des morceaux comme « On fait comment » et sa sortie récente « Romeo », il démontre que l’analyse de données et la maîtrise des tendances numériques sont des leviers de croissance incontournables.
Seppo et l’ingénierie du New Makossa
Bito Seppo Alexandra Hortence incarne la résilience d’une élite intellectuelle ayant choisi la voie des arts. Diplômée de l’École Supérieure Technique La Salle, elle développe le concept de « New Makossa ». Sa reprise magistrale de « Mama Oh Mba » avec Ben Decca a scellé sa légitimité auprès des puristes. En 2026, elle confirme son assise avec l’album Sôntanè Mba, porté par le titre « Malea Ma Muto » et sa collaboration « Linguise » avec Le Caleb, opérant une synthèse entre les structures mélodiques classiques et une production contemporaine.
ALPHA X db Jerusalem et la rumba en langue Eton
L’innovation conceptuelle trouve un écho singulier avec ALPHA X db Jerusalem. Le parcours d’Aimé Ambanga Ayissi se distingue par une dualité entre engagement institutionnel et expression artistique.
Originaire d’Obala, ce talent issu de la Lékié réinvente la rumba congolaise en y intégrant la langue Eton et des influences Makossa. Révélé par le maxi-single « Sonnette » (incluant « Point d’interrogation »), il marque l’année 2026 avec son projet Bipoporo International. Son titre phare « Fatherland Fever » illustre sa volonté de concilier identité culturelle et patriotisme à travers une fusion sonore moderne.
Junior Bessala et l’exigence de la transmission
La dimension vocale et la transmission pédagogique sont portées par Junior Bessala, dont la carrière se concentre sur l’excellence technique. Parallèlement à son investissement dans la formation musicale au Cameroun, il s’illustre par des interprétations remarquées telles que « Enying Mot » ou sa version de « Messi Martin ». Son répertoire, qui navigue entre le Bel Canto et les rythmes africains, vise à élever les standards de l’interprétation locale, participant ainsi à la démocratisation de l’expertise vocale dans l’espace public.
De Manne et la polyvalence esthétique
L’artiste De Manne complète ce panorama par une recherche sonore ancrée dans la zone anglophone. Né à Buea, son travail se caractérise par une fusion de l’Afro-soul et du R&B. Après le succès de son titre « Dola », décliné en plusieurs versions dans la Dola Trilogy, il a consolidé sa position avec « Money Money » et « You Are My Type ». En 2026, sa capacité à utiliser des textures sonores organiques témoigne de la maturité d’une scène camerounaise qui privilégie désormais la qualité de production à la simple performance commerciale.

