Société

Justice : Les techniciens de la DGRE à la barre dans l’affaire Martinez Zogo

[Vitrine du Cameroun] – Le Tribunal militaire de Yaoundé a tenu, du 26 au 27 janvier 2026, une session consacrée à l’affaire Martinez Zogo. Sous la présidence du colonel magistrat Missé, l’audience a permis l’audition de deux témoins présentés par le Ministère public (MP). Il s’agit de l’ingénieur Tomni Rodrigue Vincent et de l’adjudant de gendarmerie Bidias Mousseri Pythagore, tous deux en service à la Direction de la surveillance électronique (DSE) de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE).

Témoignage de l’ingénieur Tomni Rodrigue Vincent

Recruté en 2017, Tomni Rodrigue Vincent occupait la fonction de chef d’équipe au moment des faits. Devant le tribunal, le témoin a confirmé avoir procédé à la localisation et à l’établissement de la fiche technique concernant le numéro de téléphone de Martinez Zogo. Selon sa déposition, cette tâche a été effectuée sur instruction du commissaire de police principal Saiwang Yves, alors sous-directeur.

Le témoin a précisé que la cheffe de la DSE, Madame Moudié, avait ultérieurement suspendu l’accès aux machines après la découverte des traces de localisation du journaliste. Interrogé sur le caractère exceptionnel de cette opération, l’ingénieur a indiqué qu’il traitait environ cinquante fiches par jour et que la localisation de ce numéro de téléphone s’inscrivait, pour lui, dans le cadre d’un travail normal. Il a toutefois rapporté avoir assisté à une réunion où le directeur général de la DGRE reprochait au directeur des opérations (DO), Justin Danwé, le non-respect des instructions hiérarchiques.

Déposition de l’adjudant Bidias Mousseri Pythagore

Le vingtième témoin du MP, l’adjudant Bidias Mousseri Pythagore, a succédé à l’ingénieur à la barre. Son témoignage a porté sur la production d’une fiche technique couvrant une période de deux mois, élaborée à partir d’échanges WhatsApp entre le colonel Justin Danwé et l’officier Heudji Serge. Le témoin a reconnu avoir perçu une somme de 5 000 FCFA dans le bureau de ce dernier après la production du document.

L’adjudant a déclaré avoir supprimé ladite fiche par crainte des conséquences. Il a révélé que le numéro de Martinez Zogo figurait déjà dans la base de données de la DGRE comme une cible. Suite à ces évènements, le sous-officier a subi une mise à l’écart du service pendant une durée de quinze mois avant sa réintégration à la DSE.

Clôture de la session

L’examen des témoins a également abordé le fonctionnement interne de la DGRE, notamment l’existence de réseaux commutés et de cellules cybernétiques. Les questions de la défense ont porté sur la hiérarchie de commandement et le respect des procédures de délivrance des fiches techniques.

L’audience a été suspendue à 20h12. Les débats reprennent ce jour avec l’audition du vingt-et-unième témoin du Ministère public.

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La Rédaction

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