
Grand Sud : L’ONACC ajuste le calendrier des semis à la saison des pluies
[Vitrine du Cameroun] – Les fenêtres de semis de la deuxième campagne agricole 2026 ont été définies en fonction des prévisions pluviométriques. L’objectif est de réduire l’exposition des producteurs aux aléas climatiques et les pertes qui peuvent en découler.
Au Cameroun, le calendrier agricole dépend de plus en plus de la capacité des producteurs à anticiper les variations du climat. Dans le Grand Sud, l’Observatoire national sur les changements climatiques (ONACC) vient ainsi de préciser les périodes à privilégier pour les semis de la deuxième campagne agricole 2026. L’objectif est d’éviter que les perturbations du régime des pluies ne se traduisent par des pertes de semences, des opérations de ressemis ou une hausse des charges supportées par les exploitants.
Pour cette campagne, le calendrier couvre les régions du Centre, de l’Est, du Sud, de l’Ouest, du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et du Littoral. Les fenêtres proposées ne sont pas identiques d’une zone à l’autre. Dans le Sud, le sud du Centre et le sud de l’Est, le démarrage de la grande saison des pluies est notamment attendu entre le 17 et le 29 août. Dans certaines parties du Centre et de l’Est, cette période est plutôt située entre le 23 et le 29 août.
Cette différenciation traduit la volonté de tenir compte des réalités climatiques locales. Pour les producteurs, le principe consiste à ne pas considérer la saison agricole comme une période uniforme à l’échelle d’une région. Le moment du semis doit être rapproché de l’installation effective des pluies afin de favoriser une meilleure utilisation des semences et de limiter les interventions supplémentaires.
L’enjeu est également économique. Un semis effectué avant l’installation durable des pluies expose les exploitants à devoir renouveler une partie des semences lorsque la germination n’est pas assurée. À l’inverse, un retard peut réduire la durée du cycle végétatif et affecter les rendements. Dans les deux cas, le producteur supporte des coûts supplémentaires ou prend le risque d’une baisse de revenus.
Le calendrier agricole constitue ainsi un instrument d’aide à la décision. Élaboré avec le ministère de l’Agriculture et du Développement rural, il s’appuie notamment sur des données climatiques, des observations de terrain et des informations provenant des structures techniques intervenant dans le secteur agricole.
L’ONACC ne se limite donc pas à indiquer une date de début des semis. Le document fournit également des indications sur les précipitations attendues entre août et novembre 2026 ainsi que sur les itinéraires techniques associés aux différentes cultures. L’objectif est de permettre aux producteurs d’adapter leurs choix au contexte climatique de leur zone de production.
Cette démarche intervient dans un contexte où les changements climatiques perturbent de plus en plus les repères traditionnels des agriculteurs. Le ministère de l’Agriculture et l’ONACC relèvent notamment les modifications des dates de début et de fin des saisons des pluies, la variation des volumes de précipitations et leur répartition irrégulière.
Pour les exploitations agricoles, l’accès à cette information peut donc contribuer à réduire une partie du risque climatique. La question du calendrier des semis devient progressivement une question de gestion de la production, au même titre que l’accès aux intrants, le choix des variétés ou la maîtrise des coûts.
Dans le Grand Sud, où les activités agricoles occupent une place importante dans l’économie rurale, l’enjeu dépasse ainsi la seule organisation de la campagne. Il s’agit aussi de limiter l’impact financier des aléas climatiques sur les producteurs et, à terme, de sécuriser davantage la production agricole.








