Gaz domestique à Yaoundé : Les ruptures persistent malgré le renforcement des approvisionnements
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Gaz domestique à Yaoundé : Les ruptures persistent malgré le renforcement des approvisionnements

Quatre jours après ses instructions aux opérateurs, le ministre de l’Eau et de l’Énergie a contrôlé 18 points de vente et centres d’enfûtage dans la capitale. Si le gaz domestique est disponible dans plusieurs stations, des ruptures persistent et la pression de la demande reste forte.

Le test grandeur nature était attendu. Quatre jours après la lettre circulaire du 23 septembre adressée aux opérateurs du secteur, Gaston Eloundou Essomba a effectué, le 28 septembre, une descente inopinée dans 18 stations-service et centres d’enfûtage de Yaoundé. Pendant près de cinq heures, le ministre de l’Eau et de l’Énergie a vérifié les stocks de gaz domestique et de pétrole lampant, mais aussi les conditions de réapprovisionnement.

Le constat est loin d’être uniforme. À TotalEnergies Odza, Neptune Messamendongo ou TotalEnergies MAGZI, le gaz est disponible. Cette dernière station disposait également de 1 105 litres de pétrole lampant, après environ un mois de rupture. À l’inverse, le produit reste absent de plusieurs points, tandis que le gaz connaît encore des tensions localisées.

Chez Tradex Messamendongo, le stock de gaz était ramené au niveau de sécurité et le pétrole lampant indisponible depuis le 24 septembre. Bota Oil MAGZI Sud disposait de gaz, mais pas de pétrole lampant. OLA Energy MAGZI signalait, de son côté, une rupture de gaz depuis trois semaines. À BOCOM Mvan, les deux produits étaient indisponibles au moment du passage de la délégation.

Une demande qui absorbe rapidement les stocks

La pression apparaît particulièrement forte dans certains points de vente. Chez AfriGaz, les responsables évoquent une capacité d’environ 90 tonnes de GPL par semaine pour des besoins estimés à près de 120 tonnes. À Tradex Bastos, les ventes atteignent en moyenne 750 bouteilles par jour et peuvent monter à 1 100. À Mballa II, 750 bouteilles ont été écoulées samedi et 150 dimanche.

Le pétrole lampant connaît lui aussi une demande soutenue. À Mballa II, les sorties atteignent entre 1 500 et 2 000 litres par jour, avec une limite de 10 litres par usager. Ces niveaux montrent que la question ne se résume pas à la disponibilité des stocks, mais concerne également leur capacité à suivre la demande locale.

Face aux ruptures constatées, le ministre a multiplié les appels aux dirigeants des entreprises concernées afin d’identifier les blocages et d’accélérer les livraisons. À Green Oil Ekié II, une livraison de 160 bouteilles intervenait ainsi pendant la visite, alors que la station était en rupture depuis le matin.

La tournée a également porté sur les centres d’enfûtage. Chez Star Gaz, la production annoncée atteint 20 tonnes de GPL par jour. AfriGaz fait état d’environ 90 tonnes hebdomadaires. Le contrôle a aussi intégré les exigences de sécurité, notamment le fonctionnement des dispositifs de défense contre l’incendie, l’état des bouteilles et leur conformité.

Passer de la rupture ponctuelle à la régularité

Au terme de cette opération, le principal enseignement tient à l’écart entre les niveaux d’approvisionnement selon les points de vente. La chaîne n’est donc pas uniformément sous tension, mais certains maillons restent exposés aux ruptures, alors que la demande demeure élevée.

Le ministre a demandé aux opérateurs de renforcer les approvisionnements, y compris les week-ends, et de maintenir l’effort dans la durée. « Il ne faut plus d’interruption », a-t-il insisté à Mballa II, avant de demander une vigilance particulière sur les points identifiés comme sensibles.

Cette descente intervient dans un contexte où le gouvernement cherche à sécuriser l’accès des ménages aux produits énergétiques essentiels. Elle permet surtout de confronter les instructions administratives à la réalité des stocks, des livraisons et de la demande. L’enjeu, désormais, est moins de résorber une rupture isolée que d’assurer une disponibilité régulière du gaz domestique et du pétrole lampant sur l’ensemble du réseau.

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La Rédaction

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