Présidentielle de 2025 : Paul Biya annonce sa candidature pour un huitième mandat au milieu d’inquiétudes croissantes
[Vitrine du Cameroun] – Dans un geste surprenant mais attendu, Paul Biya, président de longue date du Cameroun, a officiellement déclaré son intention de briguer un huitième mandat lors de la prochaine élection présidentielle prévue le 12 octobre 2025. Cette annonce, faite le 13 juillet 2023, via son compte sur les réseaux sociaux, n’est pas un choc, mais elle soulève d’importantes questions sur les implications de son règne prolongé.
Paul Biya n’ira donc pas en retraite au village. Vieux de 92 ans, dont 43 au pouvoir, il a annoncé le 13 juillet dernier, son intention de poursuivre sa mission à la tête du pays, dans un contexte sociopolitique tendu : « Je réponds une fois de plus à l’appel du peuple camerounais… Je suis candidat à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. Soyez assurés que ma détermination à vous servir est à la mesure de l’acuité des défis auxquels nous sommes confrontés », a annoncé le natif de Mvomeka dans la région du Sud.
La déclaration du président de la République a suscité des émotions mitigées au sein de la population camerounaise. À 92 ans et après avoir été au pouvoir pendant près de 43 ans, certains citoyens, deçu par cette volonté, estiment que Paul Biya aurait mieux fait de sortir « par la grande porte » en prenant sa retraite. Ce qui selon eux aurait conduit à mettre en place un nouveau leadership capable de véritablement relever les défis urgents du pays.
Troubles politiques et défis économiques au Cameroun à l’approche de l’élection présidentielle
Le paysage politique camerounais a connu des changements importants avec les récents départs du camp du président Paul Biya. Notamment, les candidatures d’Issa Tchiroma Bakary et de Bello Bouba Maïgari, tous deux anciens membres du gouvernement, témoignent d’un mécontentement croissant au sein du parti au pouvoir. Leurs démissions signalent une possible fragmentation du soutien à Biya.
L’opposition camerounaise, historiquement fragmentée, est confrontée à un défi encore plus grand à l’approche de la prochaine élection présidentielle. Bien que des discussions aient été engagées entre divers partis et personnalités dans l’espoir de présenter un front uni, aucun consensus clair n’a pu se dégager. Du moins, jusqu’ici. Des personnalités comme Maurice Kamto, arrivé deuxième à l’élection présidentielle de 2018, et Cabral Libii sont cette fois-ci des prétendants clés. Cependant, les rivalités et les disparités politiques continuent de saper les efforts de collaboration.
Alors que le Cameroun se dirige vers ces élections cruciales, le pays est aux prises avec de graves défis économiques. Le taux de chômage des jeunes atteint des niveaux alarmants et que l’inflation est projetée à 5 % en 2024, les citoyens expriment de plus en plus leur frustration. La hausse du coût de la vie, l’accès inadéquat aux services de base et la pauvreté persistante ont déclenché un mécontentement social palpable. Alors que des questions telles que l’accès à l’eau potable et les soins de santé deviennent des points centraux de critiques, la population aspire à un changement significatif. Ces difficultés économiques, combinées aux conflits politiques en cours, ont ouvert la voie à une saison électorale tumultueuse.

