Anicet Ekane : Du « pion du régime » à, investisseur de la candidature de Maurice Kamto
[Vitrine du Cameroun] – Dans une tribune partagée dans les réseaux sociaux, Mireille Fomekong analyse l’investiture de Maurice Kamto à la présidentielle de 2025 par le Manidem. Vitrine du Cameroun vous propose son texte en intégralité.
Anicet Ekane : Du « pion du régime » à, investisseur de la candidature de Maurice Kamto
Quelle leçon de tolérance politique les militants du MRC viennent de recevoir ! Quelle leçon…
Et ne venez surtout pas me dire que je suis renversée par votre “grande stratégie”. Pour votre information, j’étais parfaitement au courant des tractations avec le MANIDEM. J’ai un rapport très étroit avec ce parti, le seul dans lequel j’ai milité – et par loyauté, j’ai gardé le silence. Donc non, je n’ai été nullement surprise.
Mais que dire de cette horde numérique qui, il y a encore deux mois, venait insulter Anicet Ekane parce que j’osais lui rendre hommage après un passage télévisé ? Ces mêmes qui le traitaient de tous les noms d’oiseaux doivent aujourd’hui ravaler leur venin. Et encore, je suis polie…
Cette capacité à diaboliser toute voix différente, à lyncher quiconque nuance le discours dominant, est tout sauf démocratique. Espérons que cette leçon- car c’en est une- leur servira. On ne gagne pas une élection présidentielle en clivant, en fracturant, en rejetant les acteurs de la société civile et les électrons libres.
Cette alliance avec des « lanceurs d’alertes » autoproclamés, qui disqualifient toute parole dissidente, vous conduit droit dans le mur. Dans un pays aussi fracturé que le nôtre, nul ne peut gagner seul. Il faut apaiser. Rassembler. Fédérer.
Mais à lire les premières réactions, je doute que cette humilité, pourtant imposée par les faits, ait produit son effet. L’arrogance, la condescendance envers tous ceux qui ne vous ressemblent pas — c’est cela qui vous perdra.
En politique, surtout dans le cadre d’une présidentielle, la stratégie exige souplesse, tact, parfois même une part d’hypocrisie. Vous n’êtes pas obligés d’aimer vos alliés. Mais vous devez apprendre à construire avec eux. Car si même cette claque politique ne vous élève pas, c’est que vous n’êtes pas prêts. Dommage.
Par Mireille FOMEKONG / cheffe d’entreprise

