Monatélé : La vente du cacao humide interdite pour lutter contre les vols dans les plantations
La décision du sous-préfet de l’arrondissement vise la commercialisation et le transport des fèves de cacao fraîches, dans un contexte marqué par la multiplication des vols dans les plantations et la forte remontée des prix.

[Vitrine du Cameroun] – La décision du sous-préfet de l’arrondissement vise la commercialisation et le transport des fèves de cacao fraîches, dans un contexte marqué par la multiplication des vols dans les plantations et la forte remontée des prix.
La commercialisation du cacao humide est désormais interdite dans l’arrondissement de Monatélé, département de la Lékié, région du Centre. La mesure a été prise par Odile Bomba Nkolo, sous-préfet de l’arrondissement, dans un contexte de recrudescence des vols de cabosses et de fèves dans les plantations.
La décision administrative interdit la vente des fèves de cacao humides, de jour comme de nuit, ainsi que les opérations connexes de transport du produit sur le territoire de l’arrondissement. Elle intervient alors que des cas de vols de cacao sont régulièrement signalés dans plusieurs bassins de production du pays, notamment dans la région du Centre.
Le phénomène a pris de l’ampleur avec l’appréciation des cours du cacao. Le prix du kilogramme de fèves a atteint jusqu’à 5 000 FCFA dans certaines zones au cours de la campagne, renforçant l’attractivité du produit auprès des revendeurs et, selon les producteurs, les risques de vols dans les plantations.
Les plantations sous surveillance
Dans plusieurs villages de la Lékié, les producteurs rapportent des incursions dans les exploitations, particulièrement lorsque les propriétaires sont absents. Des jeunes issus des villages concernés ou venus d’autres localités seraient impliqués dans certains de ces actes.
Les vols sont signalés aussi bien pendant la journée que durant la nuit. Dans certains cas, les auteurs présumés pénètrent dans les plantations, récoltent les cabosses, procèdent au décabossage sur place et repartent avec les fèves encore humides. Ces dernières sont ensuite écoulées auprès d’acheteurs ambulants.
Face à cette situation, des producteurs ont mis en place des rondes de surveillance dans les villages. D’autres choisissent de récolter leurs cabosses avant leur pleine maturité afin de limiter les risques de pillage.
Ces mesures ne suffisent toutefois pas toujours à prévenir les affrontements. Dans certaines localités, les confrontations entre producteurs et personnes soupçonnées de vol ont déjà dégénéré, avec des conséquences pouvant aller jusqu’aux violences mortelles.
La rentrée scolaire en toile de fond
L’interdiction intervient également à quelques semaines de la rentrée scolaire de septembre 2026, période au cours de laquelle de nombreux producteurs comptent sur leurs revenus agricoles pour financer les dépenses liées à la scolarisation des enfants. Certains habitants indiquent ainsi être contraints de vendre leur cacao humide afin de disposer rapidement de liquidités. Le séchage nécessite en effet plusieurs jours et retarde la mise en vente des fèves.
C’est précisément cette commercialisation rapide du cacao frais que l’autorité administrative cherche à encadrer. Selon la décision, la vente du produit humide faciliterait son écoulement immédiat et compliquerait l’identification de son origine.
Le sous-préfet rappelle que tout contrevenant s’expose aux sanctions prévues par la réglementation en vigueur, ainsi qu’à la saisie immédiate du produit. La mesure place ainsi les autorités locales face à un double enjeu : sécuriser les plantations et les récoltes tout en tenant compte des besoins de trésorerie des producteurs, particulièrement importants à l’approche de la rentrée scolaire.
