Politique

Sommet de Brazzaville : L’absence remarquée des Présidents Biya et Déby

[Vitrine du Cameroun] – Alors que la zone CEMAC fait face à des menaces de déstabilisation monétaire sans précédent, la Session Extraordinaire de la Conférence des Chefs d’État tenue le 22 janvier 2026 dans la capitale congolaise a été marquée par deux chaises vides de poids : celles de Paul Biya et de Mahamat Idriss Déby Itno.

Si le communiqué final évoque une atmosphère de « sérénité » et de « compréhension réciproque », l’absence des leaders des deux principales puissances économiques de la sous-région a alimenté les interrogations dans les couloirs du sommet.

Une représentation ministérielle pour des enjeux de premier plan

Le Cameroun et le Tchad, piliers de l’Union, ont choisi de déléguer leurs prérogatives à leurs ministres des Finances respectifs. Louis Paul Motaze représentait le président Paul Biya, tandis que Tahir Hamid Nguilin portait la voix du Tchad pour le compte du Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno.

Cette configuration technique contraste avec l’urgence des dossiers abordés lors de cette session consacrée exclusivement à l’examen de la situation économique, financière et monétaire de la Communauté. Le Gouverneur de la BEAC a d’ailleurs souligné la nécessité de prendre des mesures urgentes et vigoureuses pour le redressement de la situation macroéconomique.

Un agenda sous pression

Plusieurs facteurs expliquent ces défections au sommet convoqué par Denis Sassou-Nguesso. Pour Paul Biya, le président camerounais semble privilégier la gestion de dossiers intérieurs au moment où le pays attend des clarifications sur l’appareil gouvernemental. De son côté, Mahamat Idriss Déby est mobilisé par les défis sécuritaires et la consolidation politique après les échéances électorales de 2024.

Un signal de désunion face aux bailleurs ?

Cette diplomatie par procuration intervient au moment où le FMI accentue sa pression sur les États membres. L’Administrateur du Groupe Afrique III au Fonds Monétaire International, présent à Brazzaville, a réitéré les préoccupations de l’institution quant aux perspectives macroéconomiques régionales.

L’absence des deux chefs d’État soulève la question de la portée politique des résolutions prises, alors que la Conférence a exhorté les États membres à des actions radicales comme le rapatriement strict des avoirs extérieurs et des recettes d’exportation, notamment celles du secteur extractif. L’exécution de ces réformes, désormais soumise à une évaluation trimestrielle par le PREF-CEMAC, constituera le test de l’engagement réel des absents

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Yvette Marleine Metila

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