[Vitrine du Cameroun] – La société Ecocollect SARL vient de publier une grille tarifaire officielle pour l’achat des déchets valorisables dans les villes de Douala et Yaoundé. Le kilogramme d’aluminium est acheté à 200 FCFA et celui du plastique à 75 FCFA. Daté du 14 février 2026, le communiqué de l’entreprise précise les modalités de rachat des matières triées auprès des ménages et des associations.
La gestion des déchets au Cameroun franchit une étape décisive vers la structuration de son économie circulaire. Par un communiqué officiel daté du 14 février 2026, la société ECOCOLLECT SARL a rendu publique sa nouvelle grille tarifaire d’achat des déchets recyclables. Cette mesure concerne les centres de tri de Douala et Yaoundé, marquant une volonté de stabiliser les revenus des acteurs de terrain tout en assainissant les métropoles camerounaises.
Une grille tarifaire au service de l’économie circulaire
Le dispositif repose sur une segmentation précise des matières récupérables. L’aluminium et les canettes trônent au sommet de la hiérarchie avec une valeur de 200 FCFA le kilogramme. La ferraille suit à 100 FCFA, tandis que les plastiques sont rachetés à 75 FCFA. Les déchets de verre ainsi que les papiers et cartons ferment la marche avec un prix fixe de 50 FCFA par kilogramme. Cette hiérarchisation reflète la valeur intrinsèque de chaque matériau sur le marché de la transformation industrielle.
L’instauration de ces prix officiels vise à mettre fin aux spéculations qui fragilisaient jusqu’ici le maillon essentiel de la chaîne : les précollecteurs. En offrant une visibilité financière aux ménages, associations et coopératives, ECOCOLLECT transforme le déchet, autrefois perçu comme une nuisance, en une ressource monétisable et quantifiable.
Rigueur opérationnelle et traçabilité numérique
Le succès de cette initiative repose sur des modalités d’application strictes. La société impose un tri par catégorie avant toute pesée dans les centres agréés. Afin de garantir l’intégrité du système, les volumes et les montants sont enregistrés via une application numérique dédiée. Cette digitalisation permet d’assurer des paiements sécurisés et traçables, limitant ainsi les risques de litiges financiers.
La direction générale précise toutefois que tout déchet non conforme aux exigences de tri fera l’objet d’un rejet ou d’une décote. Cette exigence de qualité souligne le passage d’une récupération informelle à une véritable filière de valorisation industrielle. Le respect de ces standards est la condition sine qua non pour alimenter régulièrement les usines de recyclage locales.
Un enjeu environnemental et social
Au-delà des chiffres, le déploiement d’ECOCOLLECT répond à une urgence de salubrité publique. En encourageant le tri à la source, l’entreprise s’attaque directement à la prolifération des dépôts sauvages qui obstruent les drains et favorisent les inondations. L’incitation financière devient ainsi un levier de changement de comportement pour les populations urbaines de Douala et Yaoundé.
L’amélioration des revenus des travailleurs de l’ombre constitue le second pilier de cette stratégie. En structurant la collecte sélective, ECOCOLLECT participe à la formalisation d’emplois verts essentiels à la résilience urbaine. Cette grille tarifaire, bien que révisable selon les fluctuations du marché, établit un socle de confiance entre les partenaires privés et les acteurs de la collecte de proximité.




