[Vitrine du Cameroun] – Le monde des médias africains perd l’une de ses figures emblématiques avec la disparition de Constantin Ekani, survenue le lundi 16 février 2026 en Côte d’Ivoire. L’animateur et producteur a succombé à un accident vasculaire cérébral au sein d’un établissement de santé abidjanais.
Cette figure de l’audiovisuel avait construit une carrière d’envergure entre le Cameroun et son pays d’adoption, la Côte d’Ivoire, où il s’était établi dès la fin des années 1970. Son parcours se caractérise par une présence constante sur les écrans et les ondes, ainsi que par la gestion de projets éditoriaux comme la radio urbaine Voltage 2 à Douala.
Son influence s’étendait au-delà de la simple animation, marquant durablement le paysage médiatique par la création de concepts innovants. Les hommages qui affluent soulignent le rôle de précurseur qu’il a exercé, tout en rappelant son attachement profond à la scène culturelle de l’Afrique de l’Ouest.
Parcours professionnel et réalisations de Constantin Ekani
La trajectoire de Consty Eka débute au Cameroun avant de prendre une dimension internationale avec son installation à Abidjan vers 1978. Sa carrière s’articule autour de la production audiovisuelle et de l’animation, domaines dans lesquels il impose une signature propre. Le passage à la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI) constitue un jalon majeur de son itinéraire, lui permettant de concevoir des programmes de divertissement qui marquent les audiences d’Afrique de l’Ouest.
L’innovation conceptuelle définit une part importante de son travail avec la création de l’émission culte « Consty Eka Show ». Ce programme se distingue par une approche moderne de la variété musicale et des interviews de célébrités, contribuant à la promotion de nombreux artistes africains. Cette réussite technique et médiatique lui confère une autorité dans le secteur, l’amenant à collaborer avec des réseaux de diffusion panafricains et français durant plusieurs décennies.
L’entrepreneuriat médiatique représente le second pilier de son activité professionnelle. À Douala, il fonde et dirige la station de radio Voltage 2, un support dédié aux cultures urbaines et à la jeunesse camerounaise. Cette structure témoigne de sa volonté de maintenir un lien opérationnel avec son pays d’origine tout en résidant en Côte d’Ivoire. La gestion de ce média illustre sa capacité à adapter les formats radiophoniques aux attentes d’un public local en pleine mutation.
Son influence dépasse la simple production de contenus pour toucher à la formation et à l’encadrement de nouveaux talents. De nombreux professionnels des médias actuels reconnaissent en lui un mentor qui a su professionnaliser les métiers de l’animation en Afrique francophone. Par ses conseils techniques et sa vision stratégique, il participe à la modernisation des plateaux de télévision et à l’évolution des standards de diffusion sur le continent.




