Vœux au Corps Diplomatique : Paul Biya érige le Cameroun en rempart du multilatéralisme face aux « solutions unilatérales »
[Vitrine du Cameroun] – Dans le cadre solennel de la cérémonie de présentation des vœux au corps diplomatique, ce 8 janvier 2026, le président Paul Biya a délivré un plaidoyer vigoureux pour la solidarité mondiale. Alors que l’ordre international vacille sous le poids de crises inédites, Yaoundé entend s’affirmer comme une capitale du dialogue et de la conciliation.
C’est un bilan teinté de fierté que le Chef de l’État a présenté devant un parterre d’ambassadeurs et de représentants d’organisations internationales. Le président Biya a notamment salué le succès de la présidence camerounaise de la 79ème session de l’Assemblée générale des Nations unies. Une mission accomplie, selon lui, grâce au soutien indéfectible de la communauté internationale, et marquée par l’adoption historique du Pacte pour l’Avenir en 2024.
Sur le front thématique, le Cameroun ne reste pas en marge des enjeux environnementaux et économiques. La signature de la Déclaration sur l’Économie Bleue durable à Yaoundé, en juillet 2025, témoigne de cette volonté de lier développement local et coopération globale.
L’ombre de l’unilatéralisme : l’avertissement feutré
Le moment le plus scruté de son allocution fut sans nul doute son avertissement contre la résurgence de la violence et du terrorisme, mais surtout contre le « unilatéralisme ». Bien que le président se soit gardé de nommer directement des pays tiers, ses mots résonnent avec une acuité particulière dans le contexte géopolitique actuel.
Alors que le monde observe avec une stupeur croissante les récents bouleversements au Venezuela — marqués par l’opération militaire américaine ayant conduit à la capture du président Nicolás Maduro et à l’investiture sous surveillance de Delcy Rodríguez — le message de Paul Biya est clair : la paix durable ne peut être atteinte par la force.
« La voie des armes et de la violence est très souvent une voie sans issue », a rappelé le Chef de l’État, plaidant pour un renforcement du rôle de l’ONU.
Cette position camerounaise, ancrée dans la non-ingérence et le respect du droit international, souligne l’inquiétude des nations du Sud face à des interventions qui court-circuitent les mécanismes de médiation traditionnels.
Regardant vers l’avenir, Paul Biya a annoncé que le Cameroun accueillera la 14ème Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) au cours de l’année 2026. Une annonce stratégique qui tombe à point nommé pour réaffirmer l’importance du multilatéralisme commercial à une heure où les tensions protectionnistes et les blocus énergétiques menacent la stabilité mondiale.
En concluant sur l’importance de partenariats basés sur la « confiance mutuelle et le respect », le doyen des chefs d’État africains rappelle que, pour Yaoundé, la souveraineté reste la pierre angulaire d’un monde stable.

