Droit d’auteur : Une nouvelle redevance sur les boissons menace le prix de la bière

Droit d’auteur : Une nouvelle redevance sur les boissons menace le prix de la bière

[Vitrine du Cameroun] – Le ministère des Arts et de la Culture vient d’annoncer l’automatisation des prélèvements de la redevance du droit d’auteur dans les circuits de distribution brassicoles. Cette ponction directe sur les ristournes des exploitants pourrait réduire leurs marges bénéficiaires.

L’application de la nouvelle redevance sur le droit d’auteur et les droits voisins (DADV) dans le secteur brassicole soulève des interrogations quant à la stabilité des prix de vente aux consommateurs. Bien que les textes officiels stipulent que cette perception n’affecte pas le prix des boissons homologuées par l’autorité compétente, la structure même du prélèvement pourrait induire des réajustements économiques chez les détaillants.

Le mécanisme repose sur une retenue à la source effectuée par les sociétés brassicoles sur les ristournes, gratifications et remises accordées aux points de vente. Ces ristournes constituent historiquement une part importante de la marge bénéficiaire des exploitants de bars et de dépôts. En amputant ces revenus de montants pouvant atteindre 1 000 000 FCFA par trimestre pour les plus grandes structures, le dispositif réduit mécaniquement la rentabilité nette des opérateurs économiques de la filière.

La pression fiscale et parafiscale sur les débits de boisson s’exerce dans un contexte de coûts d’exploitation déjà tendus. Les charges fixes, comprenant le loyer, l’électricité et les salaires, s’ajoutent à cette nouvelle obligation financière. Face à la diminution de leurs marges de manœuvre, certains gestionnaires d’établissements pourraient être tentés de répercuter ce manque à gagner sur le prix final payé par le client, malgré l’encadrement réglementaire des tarifs.

L’impact varie selon la catégorie de l’usager et le volume de son activité. Les bars dancing et les dépôts de distribution supportent les charges les plus lourdes du barème. Pour ces acteurs, la gestion de la trésorerie devient complexe, car la redevance est prélevée trimestriellement et de manière spontanée par les sociétés brassicoles ou les grands distributeurs. Cette automatisation du recouvrement garantit l’efficacité de la collecte mais impose une rigueur comptable accrue aux points de vente.

L’équilibre entre la protection des droits de propriété intellectuelle et la viabilité économique des commerces de proximité demeure un enjeu majeur. Si la mesure vise à rémunérer les créateurs, sa mise en œuvre intervient alors que le pouvoir d’achat des consommateurs est déjà sollicité par une inflation persistante. La capacité des autorités de régulation à faire respecter les prix homologués sera déterminante pour éviter que cette redevance ne se transforme en une charge supplémentaire pour le consommateur final.

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La Rédaction

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