[Vitrine du Cameroun] – Le 26 avril 2026, l’Association des Camerounais Traducteurs et Interprètes de Langue Chinoise (ACTILC) a tenu simultanément ses réunions mensuelles dans quatre régions du pays, marquant une étape importante dans la structuration d’une profession en pleine expansion. Dans la région du Nord, des étudiants de langue chinoise ont constitué leur première cellule à Garoua.

Dans la capitale économique, à Bonabéri, la coordinatrice Claudia Neselyne a réuni les membres autour d’un ordre du jour ambitieux : la présentation des participants, l’idéologie de l’association, mais surtout les stratégies de préparation à l’insertion professionnelle. Les éléments indispensables pour se lancer comme interprète ont été passés au crible, de même que les méthodes pour améliorer son niveau linguistique.

Un point sensible a particulièrement retenu l’attention ; la problématique des ressortissants chinois impliqués dans des activités illégales, communément appelés « scammers ». Les participants ont identifié les différents types de pratiques frauduleuses rencontrées sur le terrain et élaboré des méthodes de détection et de protection. Cette vigilance s’inscrit dans une démarche de protection des jeunes interprètes souvent sollicités, parfois à leur insu, pour faciliter des opérations douteuses.

La réunion de Douala a également abordé les stratégies de vulgarisation de l’idéologie de l’association. Les structures enseignant la langue chinoise à Douala ont été recensées, et des stratégies pour recruter davantage d’étudiants ont été élaborées. La rédaction du procès-verbal a été confiée à Cyrielle La Fortune.

Cap sur Yaoundé

À Yaoundé, le censeur qui a accueilli la rencontre à Nkoabang dès 13h30, a placé la réunion sous le signe du renforcement professionnel. Le point majeur concernait l’implémentation du mot d’ordre salarial, avec une grille allant de 650 000 à 1 500 000 FCFA. Cette fourchette, qui fait l’objet d’une harmonisation progressive, vise à protéger les interprètes contre les offres de rémunération dérisoires et à valoriser leur expertise linguistique.

« Il faut renforcer le mindset de l’interprète », ont martelé les intervenants, insistant sur la posture professionnelle et la confiance nécessaires pour exiger le respect de cette grille tarifaire. Des exercices pratiques ont permis aux participants de s’entraîner à répondre aux pressions des employeurs proposant des tarifs en dessous du minimum fixé.

Un webinaire destiné à la communauté camerounaise en Chine a également fait l’objet d’un bilan. Les thèmes abordés et les retours des participants, notamment sur la question « que faire après ses études en Chine ? », ont ouvert des pistes concrètes pour les étudiants camerounais sur place.

La sécurité et la prévention des risques ont occupé une place centrale dans les discussions. Les membres ont été mis en garde contre les offres « trop juteuses », notamment celles impliquant les transactions en cryptomonnaies USDT, souvent associées à des activités frauduleuses comportant des risques judiciaires, y compris l’emprisonnement. Un mécanisme de signalement au sein de l’ACTILC a été présenté pour documenter et prévenir ces dérives.

Le volet social n’a pas été négligé. Les violences basées sur le genre et le harcèlement ont fait l’objet d’une sensibilisation, avec la mise en place de mesures de prévention et l’identification de référents sociaux au sein de l’association.

Enfin, les préparatifs de l’assemblée générale prévue le 27 décembre 2026 ont été lancés, avec la constitution de commissions thématiques et la définition d’un calendrier de préparation. Les rédactrices du procès-verbal, Larissa et une autre membre, ont été chargées de formaliser les décisions.

WhatsApp-Image-2026-04-26-at-21.52.06-1-1024x768 L'ACTILC mobilise quatre régions du Cameroun autour de la professionnalisation des interprètes de langue chinoise

Le soleil ne s’est pas couché à l’Est

À Bertoua, dans la région de l’Est, neuf membres ont participé à une rencontre centrée sur le partage d’expériences. Les participants, étudiants et interprètes en activité, ont échangé sur les difficultés rencontrées sur le terrain, notamment dans les mines, les carrières de sable et auprès des commerçants chinois. Des conseils pratiques pour « bien travailler sans trop souffrir » ont été partagés, témoignant des réalités parfois difficiles de la profession. La prochaine réunion a été fixée au 24 mai 2026, avant la clôture des débats à 16 heures.

Cette mobilisation simultanée dans quatre régions illustre la dynamique d’une association qui entend structurer et professionnaliser un secteur en pleine croissance, porté par la présence accrue d’entreprises chinoises au Cameroun.

L’ACTILC est pilotée depuis dépuis novembre 2025, par Franck Deval Fouotsop Nzoufo. Sous son impulsion, l’Association mène un combat de terrain pour la professionnalisation du secteur de l’interprétariat et la revalorisation salariale des traducteurs-interprètes de chinois au Cameroun.

WhatsApp-Image-2026-04-26-at-21.54.47-768x1024 L'ACTILC mobilise quatre régions du Cameroun autour de la professionnalisation des interprètes de langue chinoise
?s=32&d=mystery&r=g&forcedefault=1 L'ACTILC mobilise quatre régions du Cameroun autour de la professionnalisation des interprètes de langue chinoise
La Rédaction

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *