Jacques Fame Ndongo

Nommé en 1999 pour un mandat que la loi limite à six ans maximum, Jacques Fame Ndongo préside toujours, 27 ans plus tard, le conseil d’administration de l’hôpital universitaire de Yaoundé. A ce poste, le natif de Nkolandom, dans la région Sud, perçoit une indemnité de session de 600 000 FCFA, alors que le plafond légal est de 400 000 FCFA, et une allocation mensuelle de 500 000 FCFA au lieu des 400 000 FCFA autorisés. La Chambre des comptes chiffre à 5,8 millions FCFA les sommes indûment perçues par le ministre sur la seule période 2019-2021.

Nommé par décret présidentiel le 30 septembre 1999, le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, préside le Conseil d’Administration du Centre Hospitalier Universitaire de Yaoundé (CHUY) sans interruption depuis 27 ans. Pourtant, la loi n°99/016 du 22 décembre 1999, puis la loi n°2017/010 du 12 juillet 2017, fixent un mandat de trois ans, renouvelable une seule fois, soit six ans au maximum. « Le président du conseil d’administration du CHUY, Jacques Fame Ndongo (…) a passé 23 ans à sa fonction en violation des dispositions susvisées », constate sans ambiguïté la juridiction financière dans son observation n°1. Le représentant de la présidence de la République au même conseil, désigné le même jour en 1999, était logé dans la même irrégularité. Il n’a été remplacé qu’en novembre 2021, soit 22 ans après sa nomination.

Interrogée sur ce point, la direction générale du CHUY renvoie la responsabilité au ministère de la Santé, seul compétent selon elle pour saisir l’autorité de nomination en cas d’expiration du mandat du PCA. La Chambre des comptes ne retient pas cet argument et maintient que le mandat est resté irrégulier durant toute la période contrôlée.

L’audit documente par ailleurs trois avantages financiers perçus par le PCA en violation directe des plafonds fixés par le décret n°2019/322 du 19 juin 2019. D’abord, une indemnité de session de 600 000 FCFA payée en novembre 2019, alors que le plafond légal est de 400 000 FCFA. Ensuite, une allocation mensuelle de 500 000 FCFA au lieu des 400 000 FCFA autorisés, entraînant un trop-perçu de 2,8 millions FCFA entre septembre 2019 et décembre 2021.

Enfin, une allocation de domesticité de 100 000 FCFA par mois, cumulée de façon irrégulière avec les avantages déjà perçus par Jacques Fame Ndongo au titre de ses fonctions ministérielles, un cumul explicitement proscrit par l’article 17(3) du même décret. Ce dernier poste représente à lui seul 2,8 millions FCFA de préjudice financier pour l’établissement.

Au total, le rapport chiffre à 5,8 millions FCFA les sommes indûment perçues par le PCA sur ce seul volet, entre septembre 2019 et décembre 2021. La Chambre des comptes recommande leur reversement dans les caisses de l’hôpital. En réponse, le directeur général du CHUY s’est borné à s’« engager à faire une recommandation à la nouvelle administration », une formule qui ne s’est traduite, à ce jour, ni par un remboursement documenté, ni par une régularisation du mandat lui-même.

Aucune sanction n’a été prononcée à l’encontre du principal intéressé, ni à l’encontre des services de tutelle qui ont laissé cette situation perdurer plus de deux décennies au sommet de l’un des principaux établissements hospitaliers publics du pays.

?s=32&d=mystery&r=g&forcedefault=1 Le coût du mandat illégal de Jacques Fame Ndongo à la tête du Conseil d’administration du CHU
La Rédaction

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