L’ONG Catharsis, le Think Do Tank The Okwelians et l’Université Catholique d’Afrique Centrale inaugurent le 19 avril 2026 à Yaoundé, la première Maison de la Confiance pour la Paix, un dispositif de prévention et de médiation des conflits ancré dans les territoires.

L’ouverture se tient en marge de la visite apostolique du Pape Léon XIV au Cameroun. Le choix de la date n’est pas fortuit : le pays accumule les fractures. Une crise post-électorale a ébranlé la cohésion nationale, avec des émeutes dans au moins sept régions. La crise dite anglophone paralyse le Nord-Ouest et le Sud-Ouest depuis près de dix ans. Des tensions intercommunautaires couvent dans plusieurs autres territoires.

Face à ce tableau, les trois organisations fondatrices ont conçu un modèle qui se veut davantage un label qu’un lieu. L’UCAC l’accueille en son sein et lui confère une légitimité scientifique. The Okwelians, Think Do Tank fondé en 2020 et fort de 3 200 membres sur quatre continents, apporte sa lecture des dynamiques camerounaises. Catharsis mobilise le modèle de l’Arbre de Confiance, développé par Pierre Winicki et formalisé dans Le Chemin de la Confiance, publié aux Presses de l’UCAC en 2024.

« Partout où la paix recule, la défiance a précédé. Il est question, à travers cette initiative, de proposer une approche de prévention, de détection et de résolution des conflits en s’attaquant à leur racine souvent invisible : la défiance. », a déclaré Pierre Winicki, directeur du programme « Confiance, Paix & Prospérité », Catharsis

En concret, le dispositif démarrera par la labellisation de tiers-lieux et espaces de médiation sociale, en collaboration avec Renoscam, le réseau national des organisations de la société civile. Vingt Praticiens de la Confiance pour la Paix seront sélectionnés, formés et accrédités dès cette année. Ils seront issus des zones les plus exposées : Buéa, Douala, Maroua et Garoua-Boulaï.

Ces praticiens incarneront des profils hybrides, chefs traditionnels, leaders religieux, représentants de la société civile et de l’administration. Reconnus dans leurs communautés, ils seront outillés pour détecter les signaux faibles de défiance, restaurer le dialogue et prévenir les rechutes. L’initiative prévoit également des outils de co-construction de la paix à destination des territoires et des communautés.

L’ambition dépasse le seul Cameroun. Ses concepteurs entendent structurer un modèle réplicable à l’échelle nationale, régionale et internationale, adossé à une fonction de veille et d’incubation d’initiatives locales de paix. Le projet bénéficie du soutien initial d’une grande fondation internationale, dont l’identité n’a pas été rendue publique.

?s=32&d=mystery&r=g&forcedefault=1 Catharsis, The Okwelians et l'UCAC lancent un dispositif de médiation sociale au Cameroun
La Rédaction

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