[Vitrine du Cameroun] – La réintroduction d’un poste de vice‑président, nommé par le chef de l’Etat soulève des inquiétudes sur la neutralité des mécanismes de succession au Cameroun. Le texte voté par le Congrès en début avril 2026, doit encore être promulgué. Alors que ses partisans y voient une garantie de stabilité, l’opposition dénonce un instrument de contrôle politique.

Le Parlement camerounais, réuni en congrès, a adopté début avril une révision de la Constitution instaurant un poste de vice‑président de la République, une réforme présentée par les autorités comme un moyen de garantir la continuité de l’État mais vivement contestée par l’opposition.

Sur 222 députés et sénateurs votants, le résultat officiel communiqué fait état de 205 voix pour, 16 contre et 3 bulletins nuls, actant l’adoption de l’article 1er du projet de loi de révision constitutionnelle.

Le texte rétablit une fonction supprimée depuis des décennies et précise que le vice‑président sera nommé par le chef de l’État, une disposition qui, selon les partisans du pouvoir, permettra d’organiser juridiquement la succession et d’éviter une vacance du pouvoir sans gardiens institutionnels.

Mais l’adoption du texte ne s’est pas déroulée sans polémique. L’opposition a dénoncé ce qu’elle qualifie de « coup d’État constitutionnel » et annoncé des actions, dont une pétition nationale, pour contester la légitimité de la réforme et la méthode utilisée pour la faire passer. Les critiques pointent en particulier la rapide convocation du Congrès et la maîtrise parlementaire du parti majoritaire.

Ce changement intervient dans un contexte politique sensible. Les observateurs rappellent que la modification intervient à un moment où se pose la question de la succession du président Paul Biya et s’inscrit dans une série d’ajustements constitutionnels passés — notamment la révision de 2008 — qui ont déjà redessiné l’architecture institutionnelle du pays. Pour certains analystes, l’introduction d’un vice‑président nommé par le chef de l’État transforme en profondeur les mécanismes de transition et renforce la main de l’exécutif sur la succession.

Quelles suites ? La loi de révision, adoptée par le Congrès, doit désormais être promulguée et les modalités pratiques de nomination du vice‑présidents précisés par des textes d’application. Reste la question politique : l’acceptation populaire et l’éventuelle contestation juridique ou extra‑parlementaire promettent de faire de cette réforme un enjeu majeur pour la stabilité politique du Cameroun dans les mois à venir.

?s=32&d=mystery&r=g&forcedefault=1 Révision constitutionnelle : Continuité de l’État ou verrouillage du pouvoir ?
Alphonse Dupont

Journaliste, correspondant de <em>Vitrine du Cameroun</em> en France.

By Alphonse Dupont

Journaliste, correspondant de Vitrine du Cameroun en France.

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