Paul Atanga Nji exige aux Témoins de Jéhovah de chanter l'hymne national et de se faire soigner dans les hôpitauxPaul Atanga Nji

[Vitrine du Cameroun] – Le ministre de l’Administration territoriale (MINAT), Paul Atanga Nji, a durci le ton le 8 juillet 2026 à Yaoundé, à la fois envers certaines églises de réveil en situation irrégulière et envers les responsables des Témoins de Jéhovah, dans un contexte marqué par le meurtre d’une fillette de 11 ans à Nkolndongo, dans l’arrondissement de Yaoundé IV.

Le ministre a présidé une concertation dans son cabinet avec les responsables de l’Église évangélique « Vie et Paix au Cameroun », conduite par son secrétaire général, l’Apôtre Philippe Obaker, dans le sillage de cette affaire dont l’auteure présumée est présentée par les autorités comme une fidèle de cette confession religieuse. Selon les informations communiquées, cette rencontre s’appuyait notamment sur un rapport établi par le sous-préfet de Yaoundé IV.

Le MINAT a condamné vigoureusement ce meurtre, rappelant qu’il est proscrit aussi bien par la loi que par les principes religieux, tout en soulignant que les responsables des confessions religieuses portent une part de responsabilité dans l’encadrement de leurs fidèles et dans la nature des enseignements dispensés au sein de leurs communautés. Il a par ailleurs exhorté les dirigeants de l’Église « Vie et Paix au Cameroun » à renforcer leur vigilance et à collaborer plus étroitement avec les pouvoirs publics afin de prévenir de nouveaux drames.

Dans la continuité de cette offensive contre les irrégularités administratives des congrégations religieuses, le ministre a également annoncé la fermeture imminente de 1 400 églises de réveil, estimant que la période de tolérance administrative est désormais révolue face à la persistance de leur situation irrégulière. Cette annonce s’inscrit dans une opération de régulation du secteur religieux engagée depuis plusieurs mois, un fichier national des congrégations étant par ailleurs en cours de constitution.

Le ministre s’est aussi adressé directement aux responsables des Témoins de Jéhovah, convoqués dans le même cadre. Il leur a rappelé l’obligation, pour leurs pratiquants, de se conformer aux lois de la République et aux principes qui encadrent la vie nationale, en particulier concernant l’exécution de l’hymne national, ainsi que les questions de vaccination et de transfusion sanguine, pratiques sur lesquelles cette confession maintient des réserves doctrinales. « Chanter l’hymne national est une obligation nationale non négociable », a martelé Paul Atanga Nji, invitant les responsables religieux à concilier leurs convictions avec le respect des institutions et des politiques publiques de santé.

Cette double sortie du MINAT illustre la volonté du gouvernement camerounais de resserrer l’encadrement administratif et légal du paysage religieux national, dans un contexte où les autorités disent vouloir concilier liberté de culte et respect de l’ordre public.

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La Rédaction