[Vitrine du Cameroun] – Des enseignants déclarés décédés par leurs propres chefs de service sont invités à prouver qu’ils existent encore. Ils ont 14 jours.
Il fallait y penser. Pour s’assurer que ses agents sont bel et bien en vie, le Ministère des Enseignements Secondaires a organisé en avril et mai 2026 une grande opération de recensement biométrique et physique. Résultat : plusieurs enseignants ont été déclarés morts par leurs supérieurs hiérarchiques. Problème — et il est de taille — ces personnels respirent encore.
Par communiqué radio officiel (N°…/MINESEC/SG/DRH) daté du 15 juin 2026, la Direction des Ressources Humaines leur accorde donc quatorze jours pour venir prouver, pièces en main, qu’ils n’ont pas quitté ce monde. Le rendez-vous est fixé à la porte 507 bis du siège du ministère, à Yaoundé. Chaque « défunt » devra se présenter muni d’un certificat de vie, d’une pièce d’identité valide, d’une fiche de recensement et d’une preuve de présence effective en service. Autant de documents pour attester ce que l’intéressé sait déjà pertinemment : il est vivant.
On saluera au passage la performance administrative de certains chefs de structure, capables de déclarer décédés des collègues suffisamment en bonne santé pour lire leur propre avis de décès dans la presse. Le communiqué, laconique, dit vouloir « dissiper tout malentendu ». Il ne souffle mot d’éventuelles suites pour les signataires de ces certificats de décès improvisés.
Cette résurrection collective révèle, en creux, les fragilités persistantes du fichier de la fonction publique camerounaise, que le recensement biométrique était précisément censé assainir. Manifestement, l’opération a produit autant d’erreurs qu’elle en a corrigé.

