[Vitrine du Cameroun] – Selon une information publiée par BFMTV, une jeune femme marocaine de 21 ans, identifiée sous le prénom Farah, a été expulsée des États-Unis vers le Cameroun alors même qu’elle avait fui son pays, le Maroc, en raison de son homosexualité.
D’après des éléments rapportés par Associated Press et repris par plusieurs médias internationaux, la jeune Marocaine avait quitté son pays après avoir été battue et menacée de mort par sa propre famille lorsqu’ils ont découvert sa relation avec une autre femme.
Arrivée à la frontière américaine début 2025 après un long périple via six pays, elle avait demandé l’asile. Sa demande a été rejetée mais un juge de l’immigration lui avait accordé une ordonnance de protection, estimant qu’un renvoi vers le Maroc mettrait sa vie en danger.
Déportée malgré une décision judiciaire
Malgré cette protection, elle affirme avoir été menottée par les services américains puis envoyée de force… au Cameroun, un pays qu’elle n’avait jamais visité et où les relations homosexuelles sont également criminalisées.
Selon son témoignage, les autorités lui auraient proposé un choix impossible : rester dans ce pays inconnu où elle risquait aussi des persécutions, ou retourner au Maroc. Elle a finalement été renvoyée vers son pays d’origine et vit désormais cachée, disant devoir « vivre et travailler avec la peur » d’être retrouvée par sa famille.
Le rôle trouble du Cameroun
Ce qui choque les observateurs, au-delà de la décision américaine, c’est le rôle du Cameroun dans cette affaire. Le pays ferait partie d’au moins sept États africains ayant accepté d’accueillir des migrants expulsés par Washington dans le cadre d’accords discrets.
Des rapports indiquent même que certains expulsés ont été détenus à leur arrivée dans des installations sécurisées à Yaoundé, sans base légale claire ni possibilité de contester leur situation.
Pour les défenseurs des droits humains, ces arrangements soulèvent de sérieuses questions juridiques et morales : ils permettraient de contourner des décisions de justice américaines protégeant des migrants menacés dans leur pays d’origine.
Un silence officiel qui interroge
Face à ces révélations, ni Washington ni Yaoundé n’ont fourni d’explications détaillées sur les conditions ni les bases juridiques de ces transferts. Le département d’État américain a refusé de commenter les communications diplomatiques, tandis que les autorités camerounaises n’ont pas répondu aux sollicitations.
Ce mutisme, côté camerounais, alimente les critiques d’ONG et d’opposants qui accusent le gouvernement d’accepter discrètement des expulsions de non-ressortissants sur son territoire sans transparence ni garanties pour leur sécurité.




