[Vitrine du Cameroun] – La start-up camerounaise Bio-Top-Commodity développe sous la marque Mârah une gamme d’huiles et de poudres issues de graines locales. L’entreprise mise sur la transformation agricole pour soutenir l’import-substitution et structurer des filières d’approvisionnement rurales.

Dans un contexte de dépendance aux importations alimentaires, la société Bio-Top-Commodity (BTC) développe au Cameroun une activité de transformation de graines locales destinée à la production d’huiles végétales et de poudres nutritionnelles. Créée en 2020 avec un capital social d’un million de FCFA par l’entrepreneure Riter Metiayim, l’entreprise commercialise ses produits sous la marque Mârah. Son modèle repose sur la valorisation de matières premières agricoles locales et sur la substitution à certains produits importés.

La gamme comprend notamment trois huiles vierges pressées à froid : sésame, pistache et arachide. Ce procédé de transformation vise à conserver les nutriments présents dans les graines et à limiter les étapes industrielles susceptibles d’altérer la composition des produits. L’huile de sésame se distingue par sa teneur en composés antioxydants, tandis que l’huile de pistache contient du bêta-sitostérol, un phytostérol associé à la réduction de l’inflammation de la prostate. L’huile d’arachide reste quant à elle un ingrédient courant dans les usages culinaires, notamment pour les fritures.

48c16a29-83c6-4485-9c62-3ff6def9feeb-1024x683 Import-substitution : Mârah, le pari de Riter Metiayim sur la transformation locale des graines

Le modèle économique de BTC repose également sur la valorisation des sous-produits du pressage. Les tourteaux issus des graines sont transformés en poudres alimentaires riches en protéines végétales. Ces ingrédients, à teneur réduite en matières grasses, s’intègrent dans plusieurs préparations : sauces, bouillies, pâtisseries ou régimes alimentaires spécifiques. Cette stratégie permet d’optimiser la chaîne de transformation et d’augmenter la valeur ajoutée par unité de matière première.

L’entreprise s’inscrit dans la politique d’import-substitution encouragée par les autorités camerounaises. En privilégiant l’approvisionnement local, BTC réduit l’exposition aux importations d’ingrédients alimentaires transformés et stimule la production agricole. L’entreprise s’approvisionne auprès de coopératives, notamment féminines, situées dans le nord du Cameroun, dans la région du Noun et dans la région du Centre. Cette organisation contribue à structurer les débouchés pour les producteurs et à sécuriser les volumes d’approvisionnement.

Le projet comporte également un volet social. L’entreprise intègre dans ses équipes des profils éloignés du marché de l’emploi, dont des jeunes en réinsertion, des personnes à mobilité réduite et des femmes issues de zones touchées par des conflits. Cette stratégie combine objectifs de production et inclusion professionnelle.

Les produits de la marque Mârah sont aujourd’hui distribués dans plusieurs enseignes de distribution au Cameroun. Pour BTC, l’enjeu consiste désormais à élargir sa présence commerciale tout en consolidant les filières locales d’approvisionnement agricole. Dans un marché agroalimentaire encore largement dominé par les importations, le développement d’unités de transformation locales constitue un levier de création de valeur et de diversification productive.

262fb6d9-f966-44f6-a2be-a9546b0bb3f9-768x1024 Import-substitution : Mârah, le pari de Riter Metiayim sur la transformation locale des graines
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Priscille Koumi

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