[Vitrine du Cameroun] – Confrontés à une concurrence jugée déloyale, les opérateurs légaux de télédistribution montent au créneau. Saisi officiellement, le régulateur promet des sanctions si les acteurs illégaux ne se conforment pas dans un délai de trois mois.

Le Syndicat national des opérateurs de télédistribution par câble hausse le ton. L’organisation, qui représente les exploitants agréés au Cameroun ainsi que plusieurs acteurs majeurs du secteur, a officiellement saisi le Conseil national de la communication (CNC) pour dénoncer la montée en puissance des opérateurs clandestins.

Réunis il y a quelques jours à Douala, à l’hôtel Somatel, les professionnels du secteur ont dressé un constat alarmant. Parmi eux, Yvan Mzwepet, PDG de Numericable Communications, et Epoue Fils, directeur général de TvCAM et secrétaire général du syndicat, ont pointé du doigt des pratiques qu’ils jugent préjudiciables à la survie des entreprises légalement établies.

Dans leur viseur : des opérateurs non autorisés qui diffusent des contenus informationnels sans validation préalable et proposent des tarifs défiants toute concurrence. Une situation rendue possible, selon eux, par une évasion fiscale systématique. Résultat : une distorsion du marché qui fragilise la rentabilité des acteurs en règle et freine les investissements dans le secteur.

Au-delà de la concurrence déloyale, les professionnels alertent également sur les pertes pour l’État. Ces activités illégales entravent la mobilisation des recettes fiscales et contribuent à désorganiser l’écosystème audiovisuel national.

Face à ces dénonciations, le président du CNC, Joe Chebonkeng Kalabutse, a assuré avoir pris la pleine mesure du problème. S’exprimant devant la presse, entouré de ses collaborateurs, il a reconnu l’existence de nombreux manquements à la réglementation, aussi bien dans la télédistribution que dans l’ensemble du paysage audiovisuel.

Le phénomène, en nette progression, appelle une réponse rapide, selon le régulateur. Le CNC évoque notamment une rivalité persistante entre opérateurs nationaux et étrangers, dans un contexte où certains acteurs tardent encore à se conformer aux exigences réglementaires, notamment en matière de priorisation des chaînes locales dans leurs bouquets.

Autre source d’inquiétude : la diffusion de contenus d’information par des entités dépourvues de licence, en violation des textes en vigueur.

Dans ce contexte, la mission du CNC à Douala s’inscrit dans une volonté d’assainissement global du secteur. Après avoir entendu les différentes parties, l’institution a décidé d’accorder un délai de trois mois aux opérateurs en infraction pour régulariser leur situation.

Passé ce délai, le ton devrait se durcir. Le Conseil prévient qu’il examinera les cas de non-conformité et n’exclut pas des sanctions sévères, allant de la suspension à l’interdiction définitive d’exercer.

?s=32&d=mystery&r=g&forcedefault=1 Télédistribution au Cameroun : Le CNC sommé d’agir face à la prolifération des opérateurs clandestins
La Rédaction

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