[Vitrine du Cameroun] – Un « décret présidentiel » signé le 16 avril 2026 par Issa Tchiroma Bakary, autoproclamé « Président Élu de la République », révèle une stratégie d’expansion ambitieuse de sa « Diaspora Combattante ». Mais derrière cette façade mobilisatrice se dessinent les contours d’une opération de séduction ciblée vers les soutiens historiques du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun.

Ils sont vingt-neuf. Vingt-neuf coordinateurs dispersés aux quatre coins du monde, de l’Afrique à l’Océanie, en passant par l’Europe et les Amériques. Le décret N° 002/2026/SG-PER signé par Issa Tchiroma Bakary ne manque ni d’ambition ni d’audace. À la tête du Front Social pour le Salut du Cameroun (FSNC), l’ancien ministre de la Communication sous Paul Biya déploie désormais un réseau international qui ressemble étrangement à une machine de guerre politique contre son ancien collègue du gouvernement, Maurice Kamto.

Car ne nous y trompons pas : cette « redynamisation de la Diaspora Combattante Camerounaise » annoncée dans les considérants du décret cache mal une entreprise de débauchage systématique dans les rangs du MRC. Plusieurs noms figurant dans ce texte évoquent des profils autrefois proches ou gravitant dans la mouvance kamtiste. Comment interpréter autrement cette multiplication de postes de coordinateurs, notamment aux États-Unis où pas moins de quatre responsables sont nommés, ou en France qui en compte trois ? Ces bastions de l’opposition camerounaise en exil voient aujourd’hui Tchiroma y installer ses propres relais.

Plutôt que d’affronter directement le leader du MRC sur le terrain des idées, il préfère désormais lui grignoter sa base militante, profitant des frustrations accumulées après des années de promesses non tenues. La « volonté populaire exprimée le 12 octobre 2025 » invoquée dans le décret fait référence à un scrutin dont la légitimité reste contestée, mais qu’importe : Tchiroma se construit une stature présidentielle parallèle.

Cette stratégie d’infiltration soulève néanmoins des questions sur la solidité du projet politique du FSNC. Peut-on véritablement construire une alternative crédible en pillant simplement les troupes d’autrui ? La nomination de personnalités aux profils parfois opaques, sans ligne idéologique claire au-delà d’un vague appel à la « reconstruction nationale », trahit une approche davantage opportuniste que programmatique.

Du côté de Maurice Kamto, ce décret devrait sonner comme un signal d’alarme. L’hémorragie est-elle déjà en cours ? Le silence du MRC face à cette offensive Tchiromiste pourrait bien refléter un malaise plus profond : celui d’un parti qui peine à retenir ses cadres, faute d’une stratégie claire et de perspectives concrètes de conquête du pouvoir.

Reste que cette guerre fratricide profite surtout au régime en place. Pendant que Tchiroma et Kamto se disputent les miettes de l’opposition diasporique, le système qu’ils prétendent combattre se renforce. Une ironie dont l’Histoire camerounaise se souviendra.

?s=32&d=mystery&r=g&forcedefault=1 Diaspora : Quand Issa Tchiroma Bakary ratisse large dans les fiefs de Maurice Kamto
La Rédaction

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