Hiram Samuel Iyodi

[Vitrine du Cameroun] – Invité le 24 mai 2026 dans l’émission La Vérité en Face sur Équinoxe TV, Samuel Hiram Iyodi a vivement critiqué le projet de modification constitutionnelle instaurant un poste de vice-président de la République au Cameroun. Dans une sortie au ton ferme, l’ancien candidat à l’élection présidentielle y voit à la fois une rupture avec les engagements politiques du chef de l’État et une menace pour la légitimité démocratique.

Pour Samuel Hiram, cette réforme ne figurait nullement parmi les promesses faites aux Camerounais lors de la campagne présidentielle. « J’étais candidat à l’élection présidentielle, j’ai fait campagne sur la base d’un projet que j’ai défendu devant les Camerounais », a-t-il rappelé, soulignant qu’un président élu est tenu d’appliquer le programme sur lequel il a sollicité les suffrages populaires.

L’opposant estime ainsi que l’introduction d’un vice-président constitue une « modification conditionnelle » non annoncée aux citoyens. Selon lui, aucune communication claire n’avait laissé entendre qu’une telle fonction serait créée pour « stabiliser davantage l’exécutif ». Cette absence de débat préalable traduirait, d’après ses propos, un déficit de transparence politique.

Au-delà de la méthode, Samuel Hiram Iyodi s’inquiète surtout des implications institutionnelles du texte. Il relève notamment une imprécision juridique concernant les critères d’accession à cette nouvelle fonction. « Le texte ne dit pas exactement quelles sont les conditions à remplir pour être effectivement vice-président », a-t-il observé, qualifiant cette situation de « curiosité ».

Mais la critique la plus sévère porte sur la question de la succession au sommet de l’État. Pour le responsable politique, permettre à un vice-président nommé par le chef de l’État d’accéder automatiquement à la magistrature suprême en cas de vacance reviendrait à contourner la volonté populaire.

« Nous nous retrouverions donc au Cameroun avec un vice-président nommé par le chef de l’État, pouvant lui succéder en cas de vacances et donc, un président de la République qui n’a pas été désigné par les citoyens camerounais », a-t-il déclaré.

Dans son analyse, cette réforme s’inscrirait dans une logique plus large de conservation du pouvoir. Samuel Hiram établit un parallèle avec d’autres dossiers sensibles, notamment la gestion de l’électricité et l’administration des collectivités locales, qu’il considère également marqués par une centralisation excessive des décisions.

L’homme politique accuse ainsi Paul Biya de vouloir conserver la maîtrise du choix de son éventuel successeur. « Le président de la République déciderait de qui serait le troisième président de la République du Cameroun à la place des citoyens camerounais », a-t-il dénoncé.

Face à cette perspective, Samuel Hiram plaide pour un modèle inspiré de certains régimes présidentiels où le vice-président est élu simultanément avec le président dans le cadre d’un ticket électoral. Selon lui, seule une élection conjointe garantirait la légitimité démocratique de la fonction et le respect du suffrage universel.

Cette sortie intervient dans un contexte de débats croissants autour des réformes institutionnelles au Cameroun, alors que les questions liées à la succession politique et à l’équilibre des pouvoirs occupent une place centrale dans l’espace public.

?s=32&d=mystery&r=g&forcedefault=1 Vice-présidence au Cameroun : Samuel Hiram Iyodi dénonce une « confiscation » de la souveraineté populaire
La Rédaction

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *