(Leconomie.info) – Le protocole, parrainé par le Haut-Commissariat du Royaume-Uni au Cameroun, prévoit un réseau de 500 universités partenaires et l’ouverture immédiate de 30 bourses destinées à une nouvelle génération de leaders et d’innovateurs africains.
Le lundi 22 juin 2026, à quelques heures de la clôture de la dixième édition du Salon International de l’Entreprise, de la PME et du Partenariat (PROMOTE), tenu du 12 au 21 juin au Palais des Congrès de Yaoundé, la SNK Foundation et AECO Education Pathways (AECO Limited) ont officialisé un protocole d’accord portant sur la structuration de la future SNK Innovation University. La cérémonie s’est tenue sous le parrainage du Haut-Commissariat du Royaume-Uni au Cameroun, une caution diplomatique qui confère d’emblée une dimension internationale à l’opération.
L’accord prévoit deux volets complémentaires : d’un côté, la construction progressive d’une offre universitaire adossée à un réseau annoncé de plus de 500 établissements partenaires à l’international ; de l’autre, le déploiement immédiat d’un programme de bourses. Dès cette semaine, trente premières bourses sont ouvertes, vingt qualifiées « d’excellence » et dix « d’innovation », destinées à former ce que la fondation décrit comme une nouvelle génération de leaders et d’innovateurs africains capables de décrocher des diplômes aux standards internationaux.
Un pari sur le capital humain
La SNK Foundation n’est pas un acteur inconnu du paysage philanthropique camerounais. Créée à l’initiative de l’entrepreneur camerounais Steven Nbienou Kouadjo, la fondation a inauguré son siège à Yaoundé en février 2025, en lançant simultanément un programme pilote de formation à l’intelligence artificielle destiné aux jeunes issus de milieux défavorisés. Ce programme vise à former 100 jeunes Camerounais aux fondamentaux de l’IA, dans un contexte où, selon le fondateur, « le chômage des jeunes explose, les inégalités numériques s’aggravent et les innovations ne profitent qu’à une seule élite ».
Le protocole signé à PROMOTE marque un changement d’échelle. Il ne s’agit plus seulement de formation non formelle, mais de l’amorce d’un projet universitaire à vocation continentale. La direction exécutive de la fondation, assurée par Gislaine Mangoua, a présenté ce projet autour de cinq axes regroupés sous l’appellation « Pentagone SNK 2026-2030 », dont le détail n’a pas été rendu public mais qui structurera l’ensemble de la feuille de route de la fondation jusqu’à la fin de la décennie.
Un écosystème à construire
Le choix de PROMOTE comme cadre de signature n’est pas anodin. Cet événement économique biennal constitue l’un des principaux rendez-vous d’affaires plurisectoriels du continent africain, offrant une plateforme de visibilité, de réseautage et de co-création de partenariats entre entreprises, institutions publiques, investisseurs et acteurs économiques. Pour la SNK Foundation, le salon a permis de cibler simultanément investisseurs, bailleurs de fonds et partenaires techniques, dans un contexte où la problématique de l’adéquation formation-emploi reste entière en Afrique centrale.
La présence du Haut-Commissariat britannique au protocole signale par ailleurs une stratégie de légitimation par les partenaires du Nord, classique dans l’architecture des projets d’enseignement supérieur en Afrique subsaharienne. Elle pose néanmoins une question de gouvernance : dans quelle mesure la SNK Innovation University restera-t-elle ancrée dans les besoins spécifiques du marché du travail camerounais et sous-régional, face à un réseau de partenaires majoritairement internationaux ? La réponse se lira dans les curricula et dans le profil des premiers boursiers.

