[Vitrine du Cameroun]- Favoriser une prise en charge plus inclusive des personnes en situation de handicap au sein des structures de santé. C’est l’objectif des deux rencontres de plaidoyer organisées les 2 et 7 juillet 2026 dans les districts de santé de Mfou et de Soa par l’Association des Femmes Mères Handicapées du Cameroun (AFEMHAM), avec l’appui de PROMHANDICAM Association.
Ces concertations, qui ont réuni les responsables des districts de santé et les acteurs engagés dans la promotion des droits des personnes handicapées, s’inscrivent dans le cadre du projet de renforcement de l’accès à l’éducation inclusive et de l’autonomisation économique des personnes handicapées dans la région du Centre, mis en œuvre par PROMHANDICAM avec le soutien technique et financier de Christian Blind Mission (CBM). Conduite par Michel Fozeu, responsable du plaidoyer à PROMHANDICAM Association, la délégation a échangé avec les responsables sanitaires sur les obstacles qui limitent encore l’accès des personnes handicapées, notamment des femmes et des filles mères, aux services de santé.
Des obstacles persistants à une prise en charge inclusive
Au cours des échanges, les représentants d’AFEMHAM et de PROMHANDICAM ont dressé un état des lieux des difficultés auxquelles sont confrontées les personnes handicapées lorsqu’elles sollicitent des soins dans les formations hospitalières.
Parmi les principales préoccupations soulevées figurent la faible accessibilité physique de plusieurs infrastructures sanitaires pour les personnes à mobilité réduite, l’insuffisante prise en compte du handicap par le personnel d’accueil ainsi que les difficultés de communication lors de la restitution des résultats d’examens ou de la prise en charge des patients présentant certains types de handicap.
Pour Michel Fozeu, ces échanges avaient pour objectif de susciter une réflexion commune avec les autorités sanitaires afin d’améliorer durablement l’accueil réservé aux personnes concernées.
« Nous avons voulu partager avec les responsables des districts de santé les réalités vécues quotidiennement par les personnes handicapées dans les formations sanitaires. L’objectif est d’identifier ensemble les solutions permettant de garantir un accueil plus inclusif et une prise en charge respectueuse de leurs besoins spécifiques », a-t-il expliqué au terme des séances de travail, au micro de Vitrine du Cameroun. Au-delà du constat, les concertations ont également permis de rappeler que l’accès équitable aux soins constitue un droit fondamental et que l’inclusion passe autant par l’adaptation des infrastructures que par le changement des pratiques professionnelles.
Des engagements concrets des districts de santé
À l’issue des rencontres, les responsables des districts de santé de Mfou et de Soa ont pris plusieurs engagements destinés à améliorer l’accompagnement des personnes en situation de handicap.
Ils se sont notamment engagés à faciliter la désignation, dans les différentes formations sanitaires placées sous leur responsabilité, de points focaux handicap chargés de favoriser un meilleur accueil, d’orienter les patients concernés et de contribuer à une prise en charge plus adaptée.
Pour les promoteurs de l’initiative, cette mesure constitue une avancée importante vers une meilleure intégration des préoccupations liées au handicap dans le fonctionnement quotidien des établissements de santé.
« L’amélioration de la qualité des services passe aussi par une meilleure compréhension du handicap. La désignation de points focaux permettra de créer des interlocuteurs identifiés capables d’accompagner les patients et de sensibiliser les équipes médicales aux enjeux de l’inclusion », souligne Michel Fozeu.
Les responsables de PROMHANDICAM estiment par ailleurs que cette démarche devra s’accompagner de formations régulières du personnel de santé sur les différentes formes de handicap ainsi que sur les bonnes pratiques d’accueil et de communication avec les usagers.
En inscrivant ces actions dans le cadre d’un projet plus large consacré au renforcement de l’accès à l’éducation inclusive et à l’autonomisation économique des personnes handicapées dans la région du Centre, AFEMHAM et PROMHANDICAM entendent contribuer à bâtir un environnement plus accessible et plus respectueux des droits des personnes handicapées. A la faveur de ce plaidoyer, les deux organisations réaffirment ainsi leur volonté de poursuivre le dialogue avec les pouvoirs publics afin de faire progresser l’inclusion sociale, conformément au principe selon lequel aucune personne ne devrait être privée de soins en raison de son handicap.



