Le MRC dénonce des irrégularités dans le fonctionnement du parti au pouvoirMaurice Kamto

[Vitrine du Cameroun] – Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) déplace le combat politique sur le terrain du droit interne des partis. Dans une tribune publiée le 10 juillet 2026, le secrétaire général adjoint de la formation d’opposition, Roger Justin Noah, dresse un réquisitoire juridique contre le fonctionnement du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), qu’il accuse de fonctionner en décalage profond avec ses propres statuts.

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Premier angle d’attaque : le mandat de Paul Biya à la tête du RDPC. Selon le cadre du MRC, le mandat obtenu lors du congrès de septembre 2011, d’une durée statutaire de cinq ans, serait arrivé à échéance le 15 septembre 2016. Il conteste également la validité de la prorogation décidée deux mois plus tard, en novembre 2016, par le Bureau politique, un organe qu’il estime lui-même déjà irrégulièrement constitué à cette date, notamment parce que plus de la moitié de ses membres se trouvaient alors en prison ou en exil.

Roger Justin Noah étend sa démonstration au fonctionnement du Bureau politique, dont il conteste la capacité à engager valablement le parti depuis 2016, ainsi qu’à l’absence de tout congrès ordinaire ou extraordinaire du RDPC depuis quinze ans, une instance pourtant censée se réunir tous les cinq ans et renouveler les organes dirigeants.

Il s’attaque enfin aux investitures électorales locales, une prérogative qui reviendrait statutairement au Comité central mais qui serait, selon lui, exercée depuis plusieurs années par le seul secrétaire général de cet organe, sans réunion régulière du Comité central pour en valider le principe.

Une offensive politique, pas un jugement juridictionnel

Cette argumentation reste celle d’un responsable d’un parti concurrent et ne constitue en rien une décision de justice sur la validité des instances du RDPC. Elle vise toutefois un point sensible : le parti au pouvoir depuis plus de quarante ans fonde une bonne part de son discours sur la stabilité institutionnelle qu’il incarnerait, un argument que le MRC cherche précisément à retourner contre lui en interrogeant la solidité de son propre fonctionnement statutaire.

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Esther Lucienne Bekouma