[Vitrine du Cameroun] – Suspendu de ses fonctions diplomatiques en mars pour avoir pris position contre les frappes américano-israéliennes sur l’Iran, Simon Pierre Omgba Mbida s’apprête, trois mois plus tard, à briguer la tête du Parti des démocrates camerounais (PDC).
Le 28 février 2026, Simon Pierre Omgba Mbida accorde une interview à Canal 2 International. Chef d’antenne protocolaire et consulaire du ministère des Relations extérieures (Minrex) à Douala, il prend position contre l’attaque menée par Israël, avec le soutien des États-Unis, contre l’Iran. Il qualifie cette attaque d’illégitime. La réaction de sa hiérarchie est immédiate : le ministre des Relations extérieures Lejeune Mbella Mbella décide de le rappeler au ministère à Yaoundé, mettant fin à ses fonctions à la tête de l’antenne de la capitale économique. Madame Dangezana Essimi est installée à l’intérim le 10 mars 2026 par le gouverneur du Littoral, avec pour consigne explicite de faire preuve de « réserve et de discrétion ».
En mai, Omgba Mbida rompt le silence sur le plateau de Vision 4. Il décrit sa suspension comme « une honte pour la diplomatie camerounaise » et conteste la compétence de son auteur. Il affirme avoir été nommé par décret présidentiel et soutient que la décision a été prise « à l’insu du chef de l’État ». Avant de conclure : « J’avance. Je regarde vers l’avenir. »
Cet avenir, il prend désormais corps au sein du PDC. Le Parti des démocrates camerounais tiendra son Congrès national ordinaire le samedi 13 juin 2026, à partir de 10 heures, à la résidence de l’ancien Premier ministre André-Marie Mbida, au quartier Mbankolo à Yaoundé. L’enjeu officiel du rendez-vous est le « renouvellement des membres du Bureau exécutif national ». Le communiqué convocateur, daté du 5 juin, est signé par Simon Pierre Omgba Mbida lui-même, en qualité de mandataire du président général Louis-Tobie Mbida.
Son positionnement dans l’organigramme du parti n’est pas récent. Depuis janvier 2026, il supervise un comité ad hoc chargé de piloter la stratégie de relance du PDC, de coordonner la préparation électorale et de garantir le respect des procédures légales auprès d’Elecam. C’est sous cette supervision qu’a été désigné le Pr Claude Abe comme coordinateur national pour les municipales et législatives de 2026.
Selon des responsables internes cités par StopBlaBlaCam, le congrès du 13 juin est en réalité un congrès électif, et la liste conduite par Simon Pierre Omgba Mbida part en position favorable. Sa qualité de frère de Louis-Tobie Mbida, sa présence à la direction opérationnelle du parti depuis plusieurs mois, et le fait que le congrès se tienne dans la demeure familiale des Mbida plaident, selon plusieurs sources, en sa faveur.
Des voix dissidentes s’élèvent néanmoins au sein de la formation. Un cadre du parti évoque deux tendances en présence : l’une attachée à la continuité de l’héritage familial, l’autre qui estime que le PDC, en tant que patrimoine collectif, n’a pas vocation à demeurer sous direction Mbida à perpétuité.
Fondé en 1958 par André-Marie Mbida, premier Premier ministre du Cameroun, le PDC est l’une des plus anciennes formations politiques du pays. Après des années en retrait de la scène électorale, il entend se repositionner à l’occasion du double scrutin municipal et législatif prévu en 2026. Le congrès du 13 juin constituera le premier test de sa capacité à transformer une refondation institutionnelle en projet politique mobilisateur.
Pour Simon Pierre Omgba Mbida, la séquence est pour le moins singulière : sanctionné au printemps pour avoir parlé hors des clous de la diplomatie d’État, il se présente désormais à la direction d’un parti qui revendique un ancrage républicain depuis la première heure de l’indépendance.











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