[Vitrine du Cameroun] –La hiérarchie du ministère des Relations extérieures (Minrex) a frappé fort. Simon Pierre Omgba Mbida, Chef d’antenne protocolaire et consulaire du Minrex à Douala, a été relevé de ses fonctions à la suite de déclarations publiques qu’il a faites lors d’une interview télévisée, dans lesquelles il critiquait ouvertement l’attaque militaire de l’Iran par Israël, avec le soutien des États-Unis, intervenue le 28 février 2026.

Une prise de position jugée incompatible avec le statut d’agent diplomatique de l’État camerounais, tenu à une stricte neutralité dans l’expression publique sur les affaires internationales. C’est le ministre des Relations extérieures en personne, Lejeune Mbella Mbella, qui a ordonné le rappel immédiat de Simon Pierre Omgba Mbida au siège du Minrex à Yaoundé. La décision, perçue comme un signal fort envoyé à l’ensemble du corps diplomatique et consulaire, illustre la ligne de conduite stricte qu’entend maintenir la tutelle vis-à-vis de ses agents : pas de prise de position publique sur des sujets géopolitiques sensibles, même à titre personnel.

Une passation de service sous le signe de la discrétion

Pour assurer la continuité du service, Dangezana Essimi a été désignée pour prendre la tête de l’antenne protocolaire et consulaire de Douala, en qualité de cheffe par intérim. Elle cumule désormais cette responsabilité avec ses fonctions actuelles de Chef de poste E-Visa à l’aéroport international de Douala.

Son installation officielle a eu lieu ce mardi 10 mars 2026, en présence du gouverneur de la Région du Littoral, qui a présidé la cérémonie. Dans son allocution, l’autorité administrative régionale n’a pas manqué d’adresser un message clair à la nouvelle responsable : « réserve et discrétion » — deux principes fondamentaux rappelés avec insistance, comme pour mieux souligner la faute reprochée à son prédécesseur.

Un rappel à l’ordre qui fait écho

Cette affaire intervient dans un contexte international particulièrement tendu, marqué par l’escalade des hostilités au Moyen-Orient. Si la liberté d’expression est un droit universel, elle se heurte, dans la fonction publique diplomatique, à des obligations déontologiques strictes.

L’agent de l’État, surtout lorsqu’il représente son pays à l’étranger ou dans une antenne consulaire, est tenu de s’abstenir de tout commentaire susceptible d’engager, même implicitement, la position officielle de son gouvernement. L’affaire Omgba Mbida risque de faire jurisprudence au sein du Minrex.

?s=32&d=mystery&r=g&forcedefault=1 Cameroun : Un haut fonctionnaire du Minrex suspendu pour avoir pris position sur le conflit américano-iranien
Esther Lucienne Bekouma

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