Paul Atanga Nji - MINAT

Le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a signé le 16 juillet 2026 deux communiqués distincts visant des associations accusées d’arborer des uniformes, insignes et titres imitant ceux des Forces de défense et de sécurité ou du système des Nations unies. La plus sévère des deux mesures frappe l’association « Nations Unies des Droits de l’Homme/Police d’Intervention Générale », dont le récépissé de déclaration est retiré et les activités interdites sur l’ensemble du territoire national. La seconde, une simple mise en garde, vise l’association « Chaplain Ambassadors Peace Mission » (CAPM), sous peine de dissolution en cas de récidive.

Le cas le plus grave concerne l’association dénommée « Nations Unies des Droits de l’Homme/Police d’Intervention Générale », que le MINAT accuse d’avoir mené des activités illégales sur l’ensemble du territoire. Selon le communiqué ministériel, cette organisation serait dirigée par un certain Honoré Mehoune Nkono, qui se présente sous les titres de « Vice Haut-Commissaire Général, Officier Général des Droits de l’Homme, Ambassadeur pour la Paix, Grand Maître de l’Ombre ».

Le ministère relève que la dénomination de l’association, ses acronymes, sa charte visuelle ainsi que les grades et titres revendiqués par ses promoteurs sont semblables à ceux des partenaires internationaux du Cameroun ou des institutions nationales légitimes, et que ses membres portent des tenues et insignes très proches de ceux des Forces de défense et de sécurité et du système des Nations unies une situation jugée « de nature à entretenir la confusion dans les esprits ».

Face à ce que le ministère qualifie d’« égarements d’une gravité indéniable », deux mesures ont été prises, notamment le retrait du récépissé de déclaration n°081/DA/JO5/BAPP/98, initialement délivré par le préfet du département de la Mefou et Afamba, et l’interdiction, sur toute l’étendue du territoire national, des activités de l’association. Les gouverneurs de région, préfets et sous-préfets ont été instruits de veiller à la cessation immédiate de ces activités dans leurs unités respectives.

Le communiqué s’appuie sur l’article 9 de la loi n°90-053 du 19 décembre 1990 relative à la liberté d’association, qui dispose que les associations « s’administrent librement dans le strict respect de leurs statuts et de la législation en vigueur ». Une association, régie par cette loi, se distingue d’une organisation non gouvernementale (ONG), catégorie soumise à un agrément spécifique du MINAT en vertu d’une loi de 1999, une nuance juridique que le ministère invoque pour justifier son droit de regard sur ce type de structure.

Une seconde association mise en garde, sans dissolution immédiate

Dans un second communiqué distinct, daté également du 16 juillet, le MINAT vise l’association « Chaplain Ambassadors Peace Mission » (CAPM), dont les membres arboreraient eux aussi des uniformes, insignes et attributs très proches de ceux des Forces de défense et de sécurité et des organisations du système des Nations unies.

Contrairement au premier cas, aucune dissolution n’est prononcée à ce stade. Le ministère se contente de « mettre en garde » les responsables de l’association contre ces agissements, au regard des risques de confusion institutionnelle et d’usurpation de titre et de qualité, et leur enjoint de cesser immédiatement d’utiliser ces tenues et insignes.

Le ministère précise toutefois que toute récidive entraînerait la dissolution immédiate de l’association, sans préjudice de poursuites pénales contre ses dirigeants. Selon des éléments publics disponibles en ligne, la Chaplain Ambassadors Peace Mission se présente comme une organisation religieuse à vocation humanitaire basée au Nigeria, revendiquant un statut consultatif auprès de l’ECOSOC des Nations unies et des titres tels qu’« ambassadeur » ou « représentant permanent » pour ses membres.

Les deux communiqués s’inscrivent dans une même logique. Le ministère demande explicitement aux préfets de « faire preuve de plus de vigilance » dans la délivrance des récépissés de déclaration d’associations, en procédant systématiquement au rejet des dossiers dont la dénomination s’apparente à celle d’institutions nationales ou internationales reconnues. Une consigne qui laisse penser que d’autres structures aux appellations et symboliques similaires pourraient faire l’objet d’un examen à l’avenir.

?s=32&d=mystery&r=g&forcedefault=1 Cameroun : Paul Atanga Nji dissout une association usurpant l'identité de l'ONU
Alphonse Dupont

Journaliste, correspondant de <em>Vitrine du Cameroun</em> en France.