[Vitrine du Cameroun] – Réunis le 16 mai 2026 à l’hôtel Hilton de Yaoundé, les hauts responsables de la CEEAC, de la CEDEAO et de la Commission du Golfe de Guinée (CGG) ont tenu la cinquième session ordinaire de la Réunion annuelle des hauts responsables (RAHR) de l’Architecture de Yaoundé. Au terme des travaux, plusieurs résolutions ont été adoptées pour renforcer la gouvernance maritime, accélérer le transfert du système YARIS et consolider le financement du Centre interrégional de coordination (CIC), dans un contexte régional encore marqué par les menaces sécuritaires dans le Golfe de Guinée.

Trois jours après l’ouverture du segment technique au siège du CIC à Golf Bastos, les décideurs politiques et institutionnels ont pris le relais dans la capitale camerounaise pour examiner les recommandations formulées par les experts et tracer les nouvelles orientations stratégiques de l’Architecture de Yaoundé.

Autour de la table figuraient notamment le président de la Commission de la CEEAC et président en exercice de la RAHR, S.E. Dr Ezéchiel Nibigira, le secrétaire exécutif de la Commission du Golfe de Guinée, José Mba Abeso, le contre-amiral Jean Mendoua, représentant du ministre camerounais délégué à la Présidence chargé de la Défense, ainsi que le capitaine de vaisseau Emmanuel Isaac Bell Bell, directeur exécutif par intérim du CIC.

Dans son allocution d’ouverture, Emmanuel Isaac Bell Bell a rappelé que cette session intervenait dans un contexte où les enjeux de sécurité maritime demeurent étroitement liés aux ambitions de développement économique des États riverains du Golfe de Guinée. « Faire du Golfe de Guinée un espace maritime sûr et sécurisé au profit du développement d’une économie bleue durable, inclusive et résiliente » reste, selon lui, l’objectif central poursuivi par les institutions régionales.

Le directeur exécutif par intérim du CIC a également salué le rôle du Cameroun dans le fonctionnement de l’institution basée à Yaoundé. « Depuis plusieurs années, le Cameroun soutient, et ce de manière exclusive, le fonctionnement du CIC par un appui financier et logistique constant », a-t-il souligné devant les délégations régionales et les partenaires internationaux présents.

Une architecture régionale confrontée à des défis persistants

Les différentes allocutions ont largement insisté sur le caractère stratégique du Golfe de Guinée dans l’économie mondiale. Prenant la parole au nom du gouvernement camerounais, le contre-amiral Jean Mendoua a rappelé que les tensions géopolitiques observées dans certaines zones maritimes internationales renforcent davantage l’importance sécuritaire des corridors maritimes africains.

« Les présentes assises interviennent dans un contexte international en profonde mutation », a-t-il déclaré, évoquant à la fois l’intensification des échanges commerciaux mondiaux et les répercussions des tensions observées en mer Rouge ou dans le Golfe Persique sur les routes maritimes internationales.

Le représentant du ministre de la Défense a surtout dressé un bilan globalement positif des treize années d’existence du CIC. Selon lui, le Centre interrégional de coordination est désormais « une structure pleinement fonctionnelle », dont les capacités opérationnelles ont été renforcées grâce au système YARIS, plateforme régionale de partage d’informations maritimes. Il a notamment évoqué la baisse significative des actes de piraterie dans le Golfe de Guinée, tout en reconnaissant la persistance de défis structurels.

Le président de la Commission de la CEEAC, Ezéchiel Nibigira, a pour sa part replacé les discussions dans une perspective économique plus large. « 90 % du commerce mondial transite par la mer », a-t-il rappelé. Le Golfe de Guinée représente selon lui, une véritable « autoroute énergétique » pour le continent et l’économie mondiale.

Le responsable communautaire a également mis en avant les pertes considérables causées par les activités illicites dans cet espace maritime. La pêche illégale représenterait à elle seule près de 40 % des ressources halieutiques exploitées dans la région, pour des pertes estimées à 2,3 milliards de dollars par an. Piraterie maritime, trafic de stupéfiants, sabotage d’installations et kidnappings demeurent ainsi au cœur des préoccupations sécuritaires régionales.

Financement du CIC, YARIS et gouvernance : les principales résolutions adoptées

Au terme des travaux, les hauts responsables ont adopté plusieurs mesures destinées à renforcer l’efficacité opérationnelle du CIC et la cohérence institutionnelle de l’Architecture de Yaoundé.

Les participants ont notamment validé les rapports d’activités et financiers 2024-2025 du CIC ainsi que le plan stratégique 2026-2030. Le budget 2026 du Centre a également été adopté, avec une enveloppe arrêtée à plus de 1,265 milliard de FCFA, en hausse par rapport à l’exercice précédent.

La question du financement durable du CIC a occupé une place centrale dans les échanges. Une nouvelle clé de répartition des contributions financières a été retenue : 50 % pour la CEDEAO, 40 % pour la CEEAC et 10 % pour la CGG. Les hauts responsables ont par ailleurs soutenu l’organisation prochaine d’une conférence des partenaires et des tiers contributeurs destinés à mobiliser de nouvelles ressources pour l’Architecture de Yaoundé.

Les travaux ont également permis d’avancer sur le processus de transfert du système YARIS à l’Architecture de Yaoundé. Les participants sont enfin tombés d’accord sur la nécessité de préserver la souveraineté numérique régionale et d’éviter toute dépendance excessive vis-à-vis des partenaires extérieurs dans la gestion des données maritimes.

Autre décision importante : la création prochaine d’un Comité consultatif de suivi et d’appui au CIC, destiné à améliorer le pilotage stratégique de l’institution et le suivi des engagements pris par les différentes parties prenantes.

À l’issue de la session, les hauts responsables ont salué « l’engagement constant de la République du Cameroun » en faveur de la sûreté et de la sécurité maritimes dans le Golfe de Guinée. Les travaux se sont officiellement achevés le 16 mai 2026 à 17h30, avec la volonté affichée de donner un nouvel élan à l’Architecture de Yaoundé face aux défis sécuritaires et économiques qui continuent de traverser l’espace maritime ouest et centre-africain.

?s=32&d=mystery&r=g&forcedefault=1 Golfe de Guinée : les hauts responsables de l’Architecture de Yaoundé actent une nouvelle phase pour la sécurité maritime
Keyza MZ

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