[Vitrine du Cameroun] – Le Conseil d’administration du complexe pétrolier de Kribi s’est réuni le 13 mai aux Émirats arabes unis, quelques jours après une étape financière majeure.

C’est dans le cadre feutré des émirats que s’est tenu, le 13 mai dernier, un rendez-vous stratégique pour l’avenir énergétique du Cameroun. Réunis à Dubaï, les Conseils d’administration de CSTAR Petroleum, CSTAR Refinery et CSTAR Tank Farm ont réuni autour d’une même table la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH), sa filiale Tradex et leurs partenaires industriels et financiers. L’ordre du jour : faire le bilan de l’avancement du chantier de Mboro, dans la zone portuaire de Kribi, et consolider la feuille de route d’un projet qui s’impose comme l’un des plus ambitieux de l’histoire pétrolière du pays.

La tenue de cette session intervient dans un contexte porteur. Le 5 mai 2026, BGFIBank Cameroun et la SNH ont signé à Yaoundé une convention de financement portant sur 120 milliards de FCFA, représentant la contribution en fonds propres de la compagnie nationale dans la construction de la raffinerie. Cette mobilisation de capitaux, réalisée grâce à un consortium de banques camerounaises comprenant Afriland First Bank, CCA-Bank, SCB Cameroun et la BICEC, constitue une étape décisive pour l’ouverture effective des décaissements sur le chantier.

Les administrateurs réunis à Dubaï ont salué les progrès techniques enregistrés depuis le lancement officiel des travaux, en juillet 2025. Les études d’ingénierie affichaient déjà un taux de réalisation de 80 % lors d’une réunion du top management tenue fin février 2026, tandis que les premières infrastructures étaient en place sur le site de Mboro et que des équipes d’ingénieurs s’y trouvaient mobilisées depuis janvier.

Présidant les travaux, Nathalie Moudiki, Chairlady de CSTAR, a rappelé la dimension souveraine du projet. Elle a souligné que la raffinerie et le terminal de stockage des réserves stratégiques sont « appelés à révolutionner et sécuriser l’écosystème énergétique national, tout en consolidant la chaîne logistique intérieure et en réduisant la sortie des devises ». Une ambition d’autant plus nécessaire que le Cameroun est contraint, depuis l’incendie de la Sonara en 2019, de couvrir l’intégralité de ses besoins en produits raffinés par des importations.

Abakal Mahamat, Directeur général de BGFIBank Cameroun, a pour sa part insisté sur la portée macroéconomique du dossier, rappelant que la Banque centrale régionale, la BEAC, suit le projet avec une attention particulière compte tenu de ses répercussions potentielles sur l’ensemble de la zone CEMAC.

Sur le plan technique, la raffinerie reposera sur une technologie modulaire de pointe, avec des équipements préfabriqués à Abu Dhabi avant assemblage sur site. Le consortium de réalisation, piloté par RCG Turnkey Solutions en collaboration avec Global Process Systems et Norinco International, dispose d’une solide expérience internationale.

À l’horizon 2028, date retenue pour la mise en service commerciale, la raffinerie devrait atteindre une capacité de traitement de 30 000 barils par jour et permettre de réduire d’environ 30 % les importations de produits pétroliers finis, générant une économie annuelle estimée à 750 millions de dollars pour l’État.

Un complexe colossal, dont le coût global est estimé à près d’un milliard de dollars, avec à la clé plus de 2 000 emplois directs et indirects.

Le choix de Dubaï pour tenir cette réunion de gouvernance n’est pas anodin : la structure juridique du projet est une société de droit émirati, facilitant les relations avec les partenaires techniques et financiers internationaux impliqués dans ce chantier d’envergure régionale.

?s=32&d=mystery&r=g&forcedefault=1 CSTAR : À Dubaï, les actionnaires font le point et confortent leurs ambitions
Keyza MZ

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