Société Générale Cameroun

[Vitrine du Cameroun] – Le groupe Société Générale finalise son retrait d’Afrique centrale. La cession de sa filiale camerounaise à l’État, clôturée le 12 mai à Yaoundé pour 129 milliards de FCFA, donne naissance à General Bank of Cameroon, désormais détenue à 83,68 % par Yaoundé.

L’opération trouve son origine dans la convention de cession signée le 15 juillet 2025 à Douala entre le ministre des Finances Louis Paul Motaze et François Bloch, directeur général Afrique du groupe bancaire français. Par cette transaction, l’État rachetait les 58,08 % de parts du groupe français pour 129 milliards de FCFA, soit environ 230,5 millions de dollars toutes taxes comprises, s’ajoutant aux 25,60 % déjà détenus. En avril 2026, la COBAC avait officiellement validé l’opération, lui donnant force réglementaire.

Le ministre Motaze a situé l’intervention de l’État dans sa logique : « Face à la décision stratégique du groupe Société Générale de réorganiser ses activités en Afrique, l’État du Cameroun a fait le choix d’agir avec responsabilité et méthode, dans le souci de préserver les intérêts nationaux et garantir la stabilité du système financier. »

Ce que Yaoundé récupère tient dans les 250 000 relations clients, des ratios prudentiels au-dessus des normes COBAC, 138 milliards de fonds propres nets et une légitimité institutionnelle construite sur plus d’un demi-siècle. Le ratio de couverture des risques atteint 20,5 % pour un plancher réglementaire de 11,5 %. La liquidité s’établit à 211 %, contre un minimum requis de 100 %.

Gilbert Didier Edoa, Secrétaire Général du ministère des Finances, a tenu à rassurer : « Pour les clients, rien, absolument rien ne change. Toutes les dispositions sont prises pour que le fonctionnement de la banque reste le même et que la transition soit gérée, maîtrisée par les deux parties. Tout ce qui concerne logiciel, système informatique, etc., va être géré dans ce cadre. »

Le ministre Motaze a confirmé l’ouverture d’une période transitoire pour assurer la continuité des opérations et « la maîtrise des aspects techniques liés aux plateformes informatiques ». Les 16,32 % restants du capital sont détenus par Sanlam-Allianz.

Fondée en 1963, l’institution entre dans une nouvelle phase sous pavillon camerounais, avec pour seul horizon la capacité de l’État à préserver ce qu’il vient d’acquérir.

?s=32&d=mystery&r=g&forcedefault=1 Société Générale Cameroun change de nom et devient General Bank of Cameroon
Alphonse Dupont

Journaliste, correspondant de <em>Vitrine du Cameroun</em> en France.

By Alphonse Dupont

Journaliste, correspondant de Vitrine du Cameroun en France.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *