[Vitrine du Cameroun] – Les experts des institutions communautaires de la CEEAC, de la CEDEAO et de la Commission du Golfe de Guinée (CGG) ont entamé, jeudi, 14 mai 2026 les travaux préparatoires de la cinquième Réunion annuelle des hauts responsables de l’Architecture de Yaoundé au siège du Centre interrégional de coordination (CIC), au lieudit Golf Bastos. Pendant deux jours, les participants sont appelés à évaluer le fonctionnement du dispositif régional de sécurité maritime dans le Golfe de Guinée et à préparer les orientations stratégiques qui seront soumises aux hauts responsables le 16 mai.

Créé en juin 2013 lors du Sommet de Yaoundé réunissant la CEEAC, la CEDEAO et la CGG, le CIC constitue aujourd’hui l’un des principaux instruments de coordination de l’action de l’État en mer dans le Golfe de Guinée. Sa mission : renforcer la coopération régionale face aux défis sécuritaires maritimes, coordonner les centres régionaux de sécurité maritime d’Afrique centrale (CRESMAC) et d’Afrique de l’Ouest (CRESMAO), harmoniser les pratiques et favoriser l’échange d’informations entre États.

Dans son allocution introductive, le Commissaire aux Affaires politiques, paix et sécurité a rappelé le rôle stratégique du segment des experts dans l’architecture décisionnelle du CIC. « Les assises des Hauts Responsables ne sauraient atteindre leurs objectifs sans le travail minutieux et rigoureux des experts », a-t-il déclaré devant les délégations présentes. Pour lui, cette plateforme de travail devra s’atteler à produire des « analyses, recommandations et propositions » capables de préparer des décisions « éclairées et durables ».

Les travaux de Yaoundé s’inscrivent donc dans le prolongement de la précédente réunion annuelle tenue à Abuja en avril 2024. Il s’agit notamment d’évaluer la mise en œuvre des recommandations formulées à l’époque, d’identifier les insuffisances persistantes et de proposer des ajustements. Parmi les sujets majeurs figurent en bonne place le financement du CIC, l’adoption du plan stratégique 2026-2030, le transfert du système régional d’information maritime YARIS ou encore la préparation de la conférence des partenaires prévue en 2026.

Évaluer l’Architecture de Yaoundé face aux nouvelles menaces

À l’ouverture des échanges, les experts ont rapidement replacé les discussions dans un contexte sécuritaire régional marqué par des défis persistants : piraterie maritime, pêche illicite, trafics illicites et criminalité transfrontalière. Des enjeux qui continuent de peser sur un espace maritime considéré comme stratégique pour les économies ouest et centre-africaines.

Au micro de Vitrine du Cameroun, un expert du CRESMAO a rappelé que ces réunions annuelles fonctionnent comme une forme de « conseil d’administration » de l’Architecture de Yaoundé. « Nous revisitons, à chacune de ces réunions, la marche en avant de toute cette architecture. Qu’est-ce qui n’a pas marché ? Qu’est-ce qui doit être refondu ? Qu’est-ce qui doit évoluer ? », explique-t-il.

Pour cet expert, la sécurité maritime ne peut plus être dissociée des enjeux économiques liés à l’économie bleue et au commerce international. « Le Golfe de Guinée est ce qu’on peut considérer comme une mer nourricière. Toutes les marchandises passent par là », souligne-t-il, avant d’inviter les Etats à « une protection très accrue » de cet espace maritime devenu vital pour les États riverains.

Les discussions techniques portent également sur les mécanismes de coopération entre les différents centres régionaux. Le CIC joue ici un rôle charnière en assurant la coordination entre le CRESMAC pour l’Afrique centrale et le CRESMAO pour l’Afrique de l’Ouest. « Ce sont les bras armés du CIC. C’est eux qui déploient l’action de l’État en mer », précise l’expert interrogé.

Financement, gouvernance et coopération régionale au cœur des débats

Au-delà des questions sécuritaires, les travaux préparatoires de Yaoundé accordent une place importante aux problématiques institutionnelles et financières. Les participants doivent notamment examiner les rapports d’activités et financiers 2024-2025 du CIC, ainsi que le projet de budget 2026.

L’un des enjeux majeurs reste la recherche de mécanismes de financement pérennes pour le Centre interrégional de coordination. La note conceptuelle évoque ainsi l’adoption d’un mécanisme tripartite de financement entre les trois commissions régionales, mais aussi la désignation d’un représentant auprès de l’Union européenne à Bruxelles afin de faciliter la mobilisation des ressources.

Autre dossier sensible : le transfert du système YARIS (Yaoundé Architecture Regional Information System), plateforme régionale d’échange d’informations maritimes développée avec l’appui de l’Union européenne dans le cadre du projet GoGIN II. La propriété intellectuelle du système est désormais confiée à la Chambre de commerce UE-Afrique pour une période transitoire de cinq ans, en attendant qu’un cadre de partenariat durable soit défini avec les organisations régionales concernées.

Pendant les deux jours de travaux techniques, les experts devront harmoniser leurs positions avant la réunion des hauts responsables prévue le 16 mai. Celle-ci rassemblera notamment les premiers responsables de la CEEAC, de la CEDEAO, de la CGG et du CIC.

Au terme de cette cinquième session annuelle, les participants espèrent aboutir à une feuille de route 2026-2030 capable de consolider l’Architecture de Yaoundé et de renforcer la coopération maritime dans le Golfe de Guinée, considéré comme l’un des espaces stratégiques les plus sensibles du continent africain.

?s=32&d=mystery&r=g&forcedefault=1 Sécurité maritime dans le Golfe de Guinée :  les experts du CIC préparent la cinquième réunion des hauts responsables à Yaoundé
Keyza MZ

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