[Vitrine du Cameroun] – La deuxième édition du Forum économique de PROMOTE, tenue le 18 juin à Yaoundé, a débouché sur la signature d’un accord de financement de 3 milliards FCFA entre La Régionale Bank et MSMI Africa SA. Au-delà de l’opération elle-même, l’événement révèle une fonction inédite du FOREP : transformer un espace de rencontre en lieu de conclusion effective de partenariats financiers.

Un forum économique ne se mesure pas à l’aune de ses panels. Il se mesure aux actes qu’il génère. En ce sens, la deuxième édition du FOREP marque un seuil. La signature, en séance plénière de clôture, d’un accord de financement structuré entre La Régionale Bank et MSMI Africa SA — 3 milliards FCFA sur cinq ans, en présence du ministre des PME — n’est pas un acte protocolaire. C’est la traduction concrète d’une mise en relation opérationnelle entre un établissement bancaire et une entreprise industrielle, dans un cadre institutionnel qui en valide et en accélère la conclusion.

Du networking à la contractualisation

Le FOREP, lancé dans le sillage de la foire PROMOTE, s’est jusqu’ici positionné comme un espace de dialogue entre acteurs économiques, institutionnels et financiers. Sa deuxième édition franchit un palier : celle d’un dispositif capable de faire aboutir des négociations et de produire des engagements formels. Ce glissement — du networking vers la contractualisation — est précisément ce que les écosystèmes entrepreneuriaux d’Afrique subsaharienne peinent à opérer. Les forums y sont légion ; les actes de financement qui en découlent, rares.

L’enjeu est d’autant plus significatif que le contexte macrofinancier est défavorable. Au premier trimestre 2026, le volume des crédits accordés aux PME camerounaises a reculé à 565,9 milliards FCFA, contre 600,4 milliards un an plus tôt, soit un repli de 5,76 %. Le taux effectif global moyen appliqué à cette catégorie d’emprunteurs atteignait 11,85 %, dans une économie où les PME représentent plus de 90 % du tissu productif national. C’est dans cet environnement contraint que le FOREP parvient à faire signer.

Une architecture à consolider

La présence du ministre des PME à la cérémonie de signature — mobilisé en urgence le jour même — dit quelque chose de la capacité du forum à agréger, en temps réel, les parties prenantes nécessaires à la validation d’un accord structurant. C’est une fonction de catalyseur institutionnel que peu d’événements économiques camerounais ont réussi à incarner durablement.

Reste à savoir si cette dynamique est reproductible. Une hirondelle ne fait pas le printemps, et un accord signé en clôture de forum ne suffit pas à qualifier le FOREP de place de marché financière. La question est celle de la systématisation : pipeline de dossiers en amont, dispositif de suivi post-forum, mécanisme de reporting sur les engagements conclus. Sans cette architecture, le risque est celui de l’effet vitrine — une signature médiatisée qui ne préfigure aucune tendance.

Les signaux restent néanmoins encourageants. La BC-PME prépare une augmentation de capital de 40 milliards FCFA. La BAD déploie des facilités commerciales pour les entreprises locales. Des banques privées intègrent désormais dans leurs plans stratégiques un volet PME structuré sur plusieurs années. Le FOREP, s’il parvient à se positionner comme le moment de convergence de ces initiatives, pourrait devenir moins un forum qu’une infrastructure de financement à part entière.

?s=32&d=mystery&r=g&forcedefault=1 Financement de l'économie : Le FOREP, nouvelle chambre de conversion entre banques et PME
La Rédaction