[Vitrine du Cameroun] – Le Kick-Off institutionnel du Pro Meet Up 5e édition, prévu le 1er juin 2026 à Yaoundé, place les infrastructures de transport au centre d’une ambition de transformation économique. Derrière les routes et les ports, c’est la question de la souveraineté industrielle de l’Afrique centrale qui se pose.

L’Afrique centrale investit. Ports en eau profonde, corridors routiers et ferroviaires, plateformes multimodales, zones économiques spéciales. Les États de la sous-région ont engagé, depuis plusieurs années, des milliards de dollars dans la modernisation de leurs infrastructures logistiques. Le résultat de ces efforts commence à se mesurer en termes de réduction des délais de transit et d’amélioration de la mobilité des biens. Mais la question qui mobilise aujourd’hui décideurs publics et opérateurs privés est de savoir si ces investissements se traduisent-ils par une véritable création de valeur locale.

C’est précisément l’enjeu que le Pro Meet Up (PML), dans sa cinquième édition, entend mettre sur la table. La plateforme de dialogue stratégique, fondée il y a six ans par Carole Mbessa Elongo, réunit le 1er juin 2026, à l’Hôtel Hilton de Yaoundé, des représentants de haut niveau issus du gouvernement camerounais, de la CEMAC, de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (UNECA), d’Afreximbank, et du secteur privé. Le thème retenu : « Corridors intégrateurs, catalyseurs de développement des chaînes de valeur sous-régionales », traduit un glissement de paradigme. Le corridor n’est plus seulement une infrastructure de mobilité, il devient une plateforme de création de richesse.

La ZLECAf comme accélérateur

Le contexte régional et continental donne à cet événement une résonance particulière. La Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf), désormais opérationnelle, redessine les perspectives commerciales du continent. Selon les projections de l’UNECA, sa pleine mise en œuvre pourrait accroître les échanges intra-africains de plus de 50 %, une progression susceptible d’atteindre 100 % en cas de réduction significative des barrières non tarifaires. À l’horizon 2045, les échanges intra-africains pourraient dépasser de 34 % le niveau qu’ils atteindraient sans cet accord.

Pour l’Afrique centrale, qui regroupe plus de 200 millions d’habitants, six États et des milliers de kilomètres de corridors stratégiques reliant des bassins de production aux marchés côtiers et à l’hinterland, ces projections représentent moins une promesse qu’une obligation de résultats. La région dispose des ressources naturelles parmi les plus importantes du continent, des corridors déjà fonctionnels, des programmes d’intégration portés par la CEMAC. Ce qui manque encore, c’est l’articulation entre ces atouts et une industrialisation locale capable de transformer les matières premières en produits à forte valeur ajoutée.

Le diagnostic posé par les organisateurs du PML5 fait état de ce que les corridors existent, les investissements sont engagés, mais les synergies entre infrastructures, industrie, finance et commerce restent insuffisantes. Le Kick-Off du 1er juin ambitionne précisément de combler ce déficit de coordination. Parmi les dix objectifs affichés figurent la cartographie des chaînes de valeur stratégiques, l’identification des corridors prioritaires, la promotion des solutions de paiement intra-africaines et la mise en place d’un collège d’experts multidisciplinaires.

Ce dernier point mérite attention. La question des paiements transfrontaliers constitue en effet l’un des obstacles structurels à l’intégration commerciale de la sous-région. Le Pan-African Payment and Settlement System (PAPSS), dont le directeur général Mike Ogbalu interviendra en keynote internationale, vise à fluidifier les transactions en monnaies locales et à réduire les coûts liés aux paiements transfrontaliers, un levier souvent sous-estimé dans les stratégies d’intégration régionale.

?s=32&d=mystery&r=g&forcedefault=1 Afrique centrale : Les corridors de transport au cœur d'une stratégie de réindustrialisation sous-régionale
La Rédaction

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