Répression post-électorale : Issa Tchiroma porte le dossier camerounais devant la justice française

[Vitrine du Cameroun] – Dans un communiqué daté du 12 juin 2026, le président du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC) annonce avoir déposé deux plaintes pénales devant le procureur de la République près le Tribunal judiciaire de Paris. Il vise les responsables présumés des violences commises dans les semaines ayant suivi la présidentielle du 12 octobre 2025.

Huit mois après le scrutin présidentiel qui a reconduit le pouvoir en place à Yaoundé, l’opposition camerounaise ouvre un nouveau front, judiciaire et international. Issa Tchiroma Bakary, figure de l’opposition et ancien ministre des Communications, a rendu publique vendredi une démarche engagée auprès des juridictions françaises, fondée sur le principe de compétence universelle.

L’initiative n’est pas improvisée. Selon le communiqué, le dossier a été constitué au terme de plusieurs mois de travail de documentation menés conjointement avec des avocats camerounais et étrangers, ainsi que des représentants de la société civile. Les éléments rassemblés porteraient sur des faits graves : arrestations arbitraires, mauvais traitements, actes de torture et décès enregistrés en détention dans la période post-électorale. Parmi les personnalités présentées comme victimes figurent Anicet Ekané et Souleyman Tobi, dont les cas sont expressément mentionnés dans le texte.

Le recours à Paris tient, d’après Tchiroma, à l’impossibilité pratique d’obtenir justice au Cameroun. Il dénonce par ailleurs le renvoi de certains manifestants arrêtés devant des tribunaux militaires, une pratique qu’il juge contraire aux standards du droit international.

Sur le plan opérationnel, la coordination juridique et humanitaire des victimes a été confiée à l’avocate Alice Nkom, figure bien connue du barreau camerounais et du militantisme pour les droits fondamentaux.

Cette saisine parisienne ne constitue toutefois qu’une première étape dans la stratégie annoncée. Le leader du FSNC prévient qu’il entend porter le dossier devant d’autres instances internationales compétentes, notamment sur les questions de détention arbitraire et de violation des libertés. Une escalade judiciaire qui, si elle aboutit, exposerait le régime de Yaoundé à une pression accrue sur la scène internationale.

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La Rédaction

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