[Vitrine du Cameroun] – La Société Camerounaise de Palmeraies a publié le 25 mai un communiqué réfutant une vidéo virale censée montrer un python géant dans ses installations. L’entreprise établit que le contenu est étranger à ses sites et annonce des démarches judiciaires.

La Société Camerounaise de Palmeraies (Socapalm) a réagi avec promptitude et rigueur face à la circulation, sur les réseaux sociaux, d’un contenu vidéo lui attribuant la présence d’un serpent géant dans ses installations de Dibombari. Dans un communiqué officiel daté du 25 mai 2026, signé et tamponné par sa direction, l’entreprise agro-industrielle démantèle point par point ce qu’elle qualifie d’infox délibérée.

En effet, l’enquête menée par les services techniques et de communication de Socapalm aboutit à une conclusion sans ambiguïté. La séquence, qui prétend montrer un reptile de grande taille traversant une piste de la plantation de Dibombari, est en réalité une vidéo ancienne, filmée en Asie du Sud-Est, vraisemblablement en Indonésie.

L’animal identifié à l’écran est un python réticulé, espèce absente des écosystèmes d’Afrique centrale. Par ailleurs, la végétation et la topographie visibles en arrière-plan ne correspondent pas aux caractéristiques botaniques des parcelles exploitées par Socapalm au Cameroun. Le contenu circulerait sur le web depuis plusieurs années, ce qui renforce la thèse d’un détournement intentionnel.

Usurpation d’identité pour crédibiliser la manipulation

Ce qui confère à cette affaire une gravité particulière, c’est le recours à des personnalités publiques pour authentifier artificiellement le contenu. Socapalm dénonce expressément l’utilisation du nom du journaliste Xavier Messè, dont l’identité aurait été mobilisée à son insu pour conférer de la vraisemblance à la vidéo.

Cette technique, de plus en plus répandue dans les campagnes de déstabilisation numérique, consiste à exploiter la notoriété d’un tiers afin de franchir le seuil de méfiance de l’audience. Le procédé vise, selon l’entreprise, à instiller une inquiétude infondée parmi ses employés, les populations riveraines et ses partenaires économiques.

Une réponse judiciaire annoncée

Socapalm ne s’en tient pas à un simple démenti. La société indique avoir engagé les démarches nécessaires pour remonter à l’origine de la diffusion et se réserve explicitement le droit d’exercer des recours judiciaires, notamment sur le fondement des dispositions relatives à la cybercriminalité.

Cette posture marque une évolution notable dans la manière dont les grandes entreprises camerounaises appréhendent la désinformation en ligne : non plus comme une nuisance à gérer par la communication, mais comme une atteinte juridiquement sanctionnable à l’ordre public et à la réputation institutionnelle.

Au-delà de la mise au point factuelle, Socapalm tient à rassurer l’ensemble de ses parties prenantes sur la sécurité de ses sites d’exploitation. L’entreprise appelle par ailleurs le grand public à adopter des réflexes de vérification avant tout partage de contenu sur les plateformes numériques, une invitation qui résonne comme un signal de maturité dans un écosystème informationnel encore trop peu outillé pour lutter efficacement contre la désinformation industrielle.

?s=32&d=mystery&r=g&forcedefault=1 Fausse vidéo sur la plantation de Dibombari : Socapalm dément et envisage des poursuites
La Rédaction

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