[Vitrine du Cameroun] – Le président du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC) a publié un communiqué dans lequel il condamne les faits allégués et appelle à une réforme de la politique de protection de l’enfance. Il s’exprime depuis la Gambie, où il s’est exilé depuis les tensions politiques d’octobre 2025.

Issa Tchiroma Bakary n’est pas à Yaoundé. Depuis la Gambie, où il a pris refuge après les tensions politiques d’octobre dernier, le président du FSNC suit l’affaire Joyce Nawal. Le 29 mai 2026, il publie un communiqué dans lequel il prend position sur les faits allégués et leur gestion par les pouvoirs publics.

Tchiroma Bakary écrit avoir appris les faits « avec une consternation glaçante ». Il qualifie le viol présumé d’« acte ignoble » et de « crime abominable ». Il salue la mobilisation citoyenne, notamment la manifestation de femmes devant l’établissement Gloire Olympique d’Odza.

Il va plus loin en ciblant la réponse des autorités : « Il est inacceptable qu’en lieu et place de la manifestation de la vérité et d’un soutien effectif des pouvoirs publics aux familles, le bâton de la répression s’abatte plutôt sur ces citoyennes éprises de justice. »

Cette formulation vise directement le traitement réservé aux manifestantes, sans préciser les faits de répression auxquels il fait référence.

Une promesse de politique publique

Au-delà de la condamnation, le communiqué contient un engagement de gouvernance. Tchiroma Bakary écrit : « Sous mon magistère, une véritable politique de protection de l’enfance, et de répression à la mesure de sa vulnérabilité, sera mise en place pour remplacer le vide abyssal du système actuel. »

Cette déclaration situe le communiqué à la frontière entre la réaction citoyenne et le positionnement politique. Elle constitue une critique directe du gouvernement en place.

Tchiroma Bakary pose une question au cœur de son texte : « Combien d’enfants, ces êtres fragiles et innocents de nos villes et villages, seront victimes de ces pratiques affligeantes, pour que l’indignation générale conduise à des actions fortes et une politique efficace de prévention, de lutte et de répression pour les éradiquer ? »

La question est posée sur le registre de l’interpellation politique. Elle ne s’accompagne d’aucune donnée chiffrée sur les violences commises contre les enfants au Cameroun, ni d’aucune proposition législative concrète.

Ce que ce communiqué ne dit pas

Le texte de Tchiroma Bakary traite les faits comme établis, il parle de « viol de l’enfant Joyce Nawal », là où les enquêtes judiciaire et administrative en cours n’ont pas encore rendu leurs conclusions. Le ministre de l’Éducation de base, Laurent Serge Etoundi Ngoa, a lui-même appelé à la retenue après la réunion de crise du 28 mai, en confirmant que des plaintes ont été déposées des deux côtés, famille et école, à la brigade de gendarmerie d’Odza. Aucun mis en cause n’a été placé en garde à vue ni inculpé à ce stade.

?s=32&d=mystery&r=g&forcedefault=1 Affaire Joyce Nawal : Issa Tchiroma Bakary prend position depuis la Gambie
Alphonse Dupont

Journaliste, correspondant de <em>Vitrine du Cameroun</em> en France.

By Alphonse Dupont

Journaliste, correspondant de Vitrine du Cameroun en France.

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