[Vitrine du Cameroun] – Une élève de prématernelle de l’école « La Gloire Olympique » d’Odza à Yaoundé aurait subi des violences sexuelles le 25 mai 2026. Quatre jours plus tard, l’affaire mobilise manifestants, autorités administratives, forces de sécurité et opinion publique nationale. Les investigations judiciaire et administrative avancent en parallèle. Mais la vérité reste sous scellés.

Tout commence par du sang. En rentrant chez elle, Joyce Nawal, élève à l’école GSB La Gloire Olympique d’Odza, présente des signes qui alarment sa mère. Les examens médicaux révèlent que l’enfant a subi des violences sexuelles graves, un double traumatisme, vaginal et anal, attesté par certificat médical. La mère se rend aussitôt à la brigade de gendarmerie d’Odza et dépose une plainte.

Le père de l’enfant prend la parole dans un live TikTok diffusé peu après les faits. Il raconte sa version, minute par minute, depuis le moment où il a récupéré sa fille à l’Olympic Glory School d’Odza à 13h30, jusqu’à la découverte du sang dans le pot de l’enfant, vers 15h.

La version de l’école : un départ à 13h40, un retour à 17h00

La direction de l’école reconnaît l’émotion suscitée mais conteste toute responsabilité directe. Selon elle, l’enfant a quitté l’établissement le 25 mai 2026 à 13h40, récupérée par l’un de ses parents. La famille ne revient à l’école que vers 17h00 pour signaler un problème, soit près de trois heures et demie après le départ de l’enfant. L’école était alors fermée administrativement.

La direction de l’établissement conteste également la validité du certificat médical produit par la famille, au motif qu’il n’aurait pas été établi par un médecin de l’État en service dans un hôpital public.

Le 26 mai 2026, dès 5h00 du matin, avant l’arrivée du personnel et des élèves, des parents entreprennent de barricader l’entrée principale de l’établissement. L’école affirme avoir transmis l’intégralité des vidéos de son système de surveillance aux enquêteurs de la gendarmerie.

Une enseignante identifiée, une déclaration non confirmée

Un message attribué à l’enseignante de Joyce Nawal, prénommée Émeraude Ndi, circule sur les réseaux sociaux et dans plusieurs cercles médiatiques. Ce texte conteste que les faits allégués se soient produits dans l’enceinte de l’école et suggère de rechercher la responsabilité hors de l’institution. Selon ce récit, elle aurait accompagné l’enfant après les cours, effectué un tour à vélo avec elle, avant de la remettre à son père. Cependant, aucune confirmation officielle n’établit à ce stade que cette déclaration émane effectivement de l’enseignante en question.

L’administration à la traîne, puis en mouvement

Face à la pression de la rue, les autorités s’activent progressivement. Le sous-préfet justifie l’absence de mise sous scellés de l’établissement par la période des examens. « L’établissement est ouvert parce que, à part votre enfant, il y a encore d’autres enfants. Nous sommes en période des examens. Ces enfants n’ont rien fait pour mériter qu’on les bloque de composer leurs examens », déclare-t-il dans une séquence relayée par Vision 4 Digital.

Le 28 mai 2026, le Délégué Régional de l’Éducation de Base du Centre, Komo Esaïe Prival, ordonne l’ouverture d’une enquête administrative. Une commission de sept membres, présidée par le Délégué Départemental de l’Éducation de Base du Mfoundi, descend sur le terrain à 10 heures. Elle regroupe le Chef Service des Établissements Scolaires, l’Inspecteur Régional de Pédagogie chargé de l’Enseignement Primaire, le Chef Service de l’Inspection Médico-Scolaire et deux cadres de la Délégation Régionale du Centre.

Le gouverneur de la région du Centre, Naseri Paul Bea, se rend en personne sur le site de l’établissement et préside une réunion de crise regroupant responsables administratifs, forces de sécurité et dirigeants de l’école. L’objectif : rétablir l’ordre public et veiller à ce que les investigations judiciaires et administratives se tiennent avec transparence.

Une réunion de crise en présence du ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Marie Thérèse Abena Ondoa, est également convoquée.

Des femmes dans la rue, pancartes en main

Le 28 mai 2026, une manifestation se tient devant l’établissement Olympic Glory d’Odza. Des femmes, majoritairement des mères d’enfants, pancartes en main, exigent que la lumière soit faite. Plusieurs personnalités publiques et organisations de la société civile se mobilisent aux côtés de la famille pour veiller à ce que l’enquête judiciaire et administrative aboutisse.

Ce que l’on ne sait pas encore

Les faits essentiels demeurent à ce stade hors de portée du public. L’enquête administrative ne préjuge de rien. Elle signale que l’État a entendu la rue, mais n’établit pas la vérité. La gendarmerie d’Odza mène sa propre enquête depuis le dépôt de plainte. Ces deux procédures, judiciaire et administrative, avancent en parallèle, sans que l’on sache à ce stade si elles se coordonnent.

Le communiqué de l’école ne précise pas la nature exacte des allégations d’abus. Il ne donne pas le nom des mis en cause. Il ne révèle pas non plus ce que montrent les vidéos de surveillance.

La déclaration attribuée à l’enseignante Émeraude Ndi n’a fait l’objet d’aucune confirmation officielle. Aucun résultat d’enquête n’a été rendu public à ce jour. Le parquet de Yaoundé n’a pas communiqué sur l’ouverture éventuelle d’une information judiciaire.

?s=32&d=mystery&r=g&forcedefault=1 Affaire Bébé Joyce Nawal : Ce que dit la famille, ce que dit l'école, ce que dit la gendarmerie
La Rédaction

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