[Vitrine du Cameroun] – 2 500 emplois directs et indirects. C’est la projection du projet CSTAR pour le complexe pétrolier de Kribi. Transport, logistique, maintenance et services portuaires constituent le premier périmètre concerné.

Le 5 mai 2026, dans les locaux de la Société nationale des hydrocarbures (SNH) à Yaoundé, trois signatures ont scellé un tournant. La SNH, CSTAR et BGFIBank Cameroun ont paraphé une convention de financement portant sur 120 milliards de FCFA, destinés à couvrir la quote-part de l’État dans le complexe pétrolier de Kribi. Ce n’est pas un accord de plus. C’est le signal que le projet tient.

Depuis la fermeture de la raffinerie de Limbe en 2019, le Cameroun importe la quasi-totalité de son carburant. Six ans de dépendance totale aux marchés extérieurs, six ans d’exposition aux soubresauts des prix mondiaux. La demande nationale atteint 1,9 million de tonnes métriques par an, pendant que les capacités de stockage du pays plafonnent à 275 000 m³, en deçà des normes internationales qui exigent l’équivalent de trente jours de consommation.

CSTAR est la réponse industrielle à cette équation.

La société de projet, portée par la SNH, Tradex et Ariana Energy, prévoit une raffinerie de 30 000 barils par jour et un terminal de stockage de 250 000 m³, extensible à 300 000 m³, sur un site de 250 hectares dans la zone portuaire de Kribi. Le Capex total est chiffré à 622 millions USD, soit environ 360 milliards de FCFA, pour des coûts d’exploitation estimés à 66 millions USD.

Le financement repose sur une architecture mixte. 60 % proviennent de financements internationaux mobilisés par BGFIBank, les 40 % restants étant apportés en fonds propres par la SNH et Ariana Energies. Les équipements, eux, sont préfabriqués à Abu Dhabi, avec une mise en service complète prévue pour juin 2028.

Sur le terrain, le chantier avance. Les études d’ingénierie sont réalisées à 80 %. La base vie est installée sur le site de Mboro et, depuis janvier 2026, des équipes d’ingénieurs sont mobilisées. Les premiers travaux de construction ont démarré.

Les promoteurs ont déjà acté un scénario de montée en charge progressive. Un démarrage partiel à 10 000 barils par jour est prévu au second semestre 2026, soit environ un tiers de la capacité finale. Ce premier niveau d’activité permettrait de couvrir 22 % de la demande nationale en diesel et en essence.

Les projections financières sont sans ambiguïté. Une fois en régime normal, le complexe générerait des économies annuelles proches de 400 milliards de FCFA et des recettes d’exportation estimées à 141 milliards de FCFA, notamment via les carburants marins. La réduction des importations de carburants attendue est de 30 %, pour une valeur estimée à 750 millions USD. Les recettes à l’exportation pourraient atteindre 250 millions USD par an.

Ce n’est pas seulement une raffinerie. C’est le premier maillon d’une chaîne de valeur que le Cameroun a longtemps laissée aux mains de l’étranger.

?s=32&d=mystery&r=g&forcedefault=1 CSTAR : De la construction à l'exploitation, 2 500 emplois sur le marché du travail camerounais
La Rédaction

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